Le pape Léon XIV a déclaré lundi ne pas craindre l’administration du président américain Donald Trump, depuis l’avion qui le conduisait à Alger pour le premier voyage apostolique d’un pontife en Algérie. La déclaration, accordée à NBC News, intervient quelques heures après une attaque publique de Trump contre le chef de l’Église catholique.
«Je n’ai aucune peur de l’administration Trump, ni de proclamer le message de l’Évangile», a affirmé le souverain pontife, précisant que l’Église n’abordait pas la politique étrangère «avec la même perspective» que celle du président américain.
Trump ouvre les hostilités la veille du départ
Dimanche soir, Donald Trump avait publié sur son réseau Truth Social un long message qualifiant Léon XIV de «faible» sur le crime et de «mauvais» en matière de politique étrangère. Devant des journalistes réunis à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland, le président avait ajouté ne pas être «un grand fan» du pape, l’accusant de ne pas soutenir la lutte contre la criminalité et de tolérer le programme nucléaire iranien.
Ces déclarations font suite aux prises de position répétées du pontife contre la guerre en Iran, déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël. Lors de la veillée pascale à la basilique Saint-Pierre, Léon XIV avait exhorté «ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres» à «choisir la paix», décrivant le conflit comme «atroce».
Première visite papale en Algérie
La tournée africaine du pape couvre onze jours et quatre pays — Algérie, Cameroun, Angola et Guinée équatoriale — et constitue son premier grand voyage international depuis son élection en mai 2025. Né à Chicago, Robert Francis Prevost est devenu le premier pontife américain de l’histoire à la succession de François.
À Alger, Léon XIV a été accueilli par le président Abdelmadjid Tebboune au palais présidentiel d’El Mouradia. Il s’est ensuite recueilli devant le monument aux martyrs de la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962), avant de visiter la Grande Mosquée d’Alger et la basilique Notre-Dame d’Afrique.
Le pape se rendra mardi à Annaba, ancienne Hippone, dont saint Augustin fut l’évêque de 395 à 430, figure dont l’héritage spirituel traverse son pontificat depuis son élection. Il quittera l’Algérie dans la journée pour rejoindre Yaoundé, au Cameroun, deuxième étape de sa tournée.



