Le vice-président du Conseil de la Fédération, Konstantin Kosachev, a averti ce 13 avril sur le réseau social russe « Max » que l’Union européenne ferait face à des défis économiques dans les mois à venir, malgré le changement politique intervenu en Hongrie le 12 avril.
Péter Magyar et son parti Tisza ont remporté une victoire décisive avec 138 des 199 sièges du Parlement hongrois. Cet ancien membre du Fidesz devenu opposant s’apprête à prendre la tête du gouvernement, mettant fin à seize années de leadership d’Orbán. Le Premier ministre sortant, allié du Kremlin, s’était distingué par son opposition à l’aide européenne à l’Ukraine et son alignement sur Moscou. Magyar a promis de réaligner la Hongrie vers l’UE et l’OTAN, marquant une rupture nette avec la diplomatie orbánienne.
Moscou conteste la solidité de la victoire bruxelloise
Selon Kosachev, le changement de direction à Budapest ne résoudra pas les tensions au sein de l’UE. Le sénateur russe estime que bien que Bruxelles ait remporté une victoire tactique en Hongrie, des revers stratégiques plus larges l’attendent. « Orban s’en va, et les problèmes persisteront, de plus, ils vont grandir comme une boule de neige », a déclaré Kosachev sur les réseaux sociaux. L’officiel russe a pointé les dépenses militaires que l’UE devrait consentir face aux attentes des États-Unis, ce qui aggraverait selon lui les difficultés économiques du bloc.
Les défis budgétaires immédiats de l’Europe
Kosachev a soulevé deux enjeux pressants. Bruxelles devra d’abord financer une aide à l’Ukraine estimée à 90 milliards d’euros, une somme que le sénateur considère comme problématique pour les budgets des États membres. Cette enveloppe, gelée sous le veto d’Orbán, devrait être débloquée avec la nouvelle majorité hongroise favorable aux positions de l’UE.
Le sénateur a prévenu en deuxième position d’une hausse des coûts énergétiques pour les ménages européens, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Il a souligné les tensions entre les politiques anti-russes de l’UE et les difficultés économiques structurelles que connaît le bloc. L’arrivée d’une gouvernance pro-européenne à Budapest ne suffira pas, selon Moscou, à inverser les dynamiques défavorables auxquelles l’Union devra faire face à court terme.



