« Le monde a changé » : le Canada prépare son armée à une guerre d'ampleur

La cheffe d’état-major de la Défense canadienne, la générale Jennie Carignan, a déclaré ce dimanche 12 avril 2026 que les Forces armées canadiennes devaient se transformer en profondeur pour répondre à la nouvelle réalité géopolitique mondiale. Dans un entretien accordé à la chaîne britannique Sky News, elle a appelé à réorienter l’institution militaire vers des conflits de haute intensité, rompant avec trois décennies de doctrine axée sur les opérations expéditionnaires ciblées.

« Le monde a changé. Nous devons nous préparer à des conflits à grande échelle, plus conventionnels, donc nous avons besoin d’une armée différente », a déclaré la générale Carignan, première femme à diriger les forces armées d’un pays membre des Five Eyes depuis sa nomination en juillet 2024.

Un réarmement sans précédent depuis la Guerre froide

Pour atteindre cet objectif, Ottawa a lancé un programme de réarmement dont l’ampleur n’a pas d’équivalent depuis la fin de la Guerre froide. Selon une analyse du Boston Consulting Group citée par le magazine Les Affaires, les dépenses militaires canadiennes pourraient dépasser 1 200 milliards de dollars canadiens sur la prochaine décennie, le gouvernement de Mark Carney visant 5 % du PIB d’ici 2035, contre 1,4 % enregistré en 2024. Le Canada a par ailleurs créé une agence nationale dédiée aux investissements dans la défense, avec l’objectif de rapprocher l’industrie privée de la planification militaire.

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Le plan prévoit également la constitution d’une réserve stratégique civile pouvant mobiliser jusqu’à 300 000 personnes disposant d’une formation de base, susceptibles d’être appelées en cas de crise majeure.

L’Arctique, nouveau front prioritaire

Carignan a également identifié le Grand Nord canadien comme axe prioritaire de défense territoriale. La fonte accélérée des glaces arctiques — le pôle se réchauffe trois à quatre fois plus vite que le reste de la planète selon les données scientifiques disponibles — ouvre de nouvelles routes maritimes et facilite l’accès à des ressources stratégiques, attirant des convoitises étrangères et accentuant les tensions avec Washington.

Des infrastructures militaires sont en cours de modernisation dans le Nord, avec un prépositionnement de matériel et une intensification des exercices militaires dans la région.

Le gouvernement Carney examine par ailleurs la possibilité de rejoindre une force multinationale dirigée par le Royaume-Uni, axée sur la mer Baltique et l’Atlantique Nord. Aucune décision formelle n’a été annoncée à ce stade.

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