Le président ougandais Yoweri Museveni a exhorté les dirigeants africains à investir massivement dans la science et l’exploration spatiale, lors de l’ouverture de la retraite parlementaire du parti au pouvoir, le Mouvement de résistance nationale (NRM), le 8 avril 2026 à l’Institut national de leadership de Kyankwanzi, en Ouganda.
Prenant pour référence la mission Artemis II de la NASA — premier vol habité au-delà de l’orbite terrestre basse depuis plus de cinquante ans —, Museveni a dressé un constat sévère sur le retard technologique du continent. « Un satellite américain tourne autour de la lune. Pour nous, nous sommes ici à Kyankwanzi en train de manger des macaronis. C’est très dangereux », a-t-il déclaré devant les cadres du NRM.
Aucun pays africain ne dispose d’un programme spatial autonome
Museveni a relevé qu’aucun État africain ne dispose à ce jour d’un programme spatial national, une lacune qu’il a qualifiée de « recette pour le désastre ». Selon lui, la situation rappelle le déséquilibre technologique qui a précédé la colonisation du continent, lorsque l’accès à la poudre à canon conférait un avantage militaire décisif aux puissances européennes.
Pour y remédier, le chef d’État ougandais a défendu l’idée d’une intégration régionale renforcée en Afrique de l’Est, estimant que les États pris individuellement ne seraient pas en mesure de financer des infrastructures spatiales. Il a également plaidé pour une présence africaine sur la lune, qu’il a désignée comme « propriété commune de l’humanité ».
L’Ouganda déjà engagé dans une coopération spatiale régionale
Ces déclarations interviennent au lendemain d’une avancée concrète pour la région : le 8 avril 2026, l’Agence spatiale kényane, en partenariat avec l’Égypte et l’Ouganda, a mis en orbite la caméra climatique ClimCam à destination de la Station spatiale internationale. Développé avec le soutien du Bureau des Nations Unies pour les affaires spatiales (UNOOSA) et d’Airbus, cet instrument à intelligence artificielle est destiné à fournir des données météorologiques en quasi-temps réel pour améliorer la gestion des catastrophes naturelles en Afrique de l’Est.
La mission Artemis II, dont le retour sur Terre était prévu pour le 10 avril 2026 dans l’océan Pacifique, vise à préparer un retour humain durable sur la lune et, à terme, des missions habitées vers Mars.



