La République du Congo, premier producteur de brut de la zone CEMAC, a enregistré une nouvelle avancée dans son secteur pétrolier. Le groupe français TotalEnergies a annoncé ce13 avril une découverte d’hydrocarbures sur le permis offshore Moho, au large de Pointe-Noire.
Selon le communiqué publié par l’entreprise française, ce forage a permis d’identifier une colonne d’environ 160 mètres d’hydrocarbures. Cette découverte s’ajoute à une précédente sur la même zone, portant à près de 100 millions de barils les ressources récupérables sur ce segment.
Une production en hausse mais une transformation limitée
Le pétrole représente près de la moitié du produit intérieur brut congolais et plus de 80 % des exportations nationales. L’essentiel de cette production est toutefois exporté sous forme brute, faute d’infrastructures de transformation suffisantes.
Les installations actuelles du permis Moho produisent environ 90 000 barils équivalent pétrole par jour, selon TotalEnergies. Le développement des nouvelles découvertes devrait s’appuyer sur ces infrastructures déjà en place, avec une mise en production accélérée.
Cette configuration maintient le Congo dans un modèle centré sur l’exportation de brut, alors que la transformation locale reste marginale. Une part importante des produits pétroliers consommés sur le marché intérieur continue d’être importée.
Le précédent du Nigeria dans le raffinage
Le cas du Nigeria est régulièrement cité comme référence dans les discussions sur l’industrialisation du secteur pétrolier. Premier producteur africain, le pays a engagé ces dernières années un virage vers le raffinage local, notamment avec la mise en service progressive de la Dangote Refinery.
Cette infrastructure, présentée comme la plus grande raffinerie du continent, vise à réduire les importations de carburant et à positionner le Nigeria comme exportateur de produits raffinés. Le projet repose sur des investissements privés massifs et un marché intérieur de grande taille.
Pour le Congo, une stratégie similaire reste envisageable à une autre échelle. Le pays dispose d’atouts liés à sa production offshore et à sa position géographique en Afrique centrale. Le développement de raffineries locales pourrait permettre de sécuriser l’approvisionnement en carburants et de capter davantage de valeur ajoutée.
Une stratégie encore dépendante des investissements
La mise en place d’unités de raffinage suppose des financements importants et des partenariats techniques. TotalEnergies, opérateur du permis Moho avec une participation de 63,5 %, travaille aux côtés de Trident Energy et de la Société nationale des pétroles du Congo.
La capacité du Congo à développer une industrie de raffinage dépendra de ces investissements ainsi que de la structuration du marché régional. À court terme, une montée en puissance progressive, à travers des raffineries de taille intermédiaire orientées vers la sous-région, apparaît comme une option. Les prochaines décisions d’investissement liées aux découvertes du permis Moho devraient préciser les orientations retenues pour la valorisation de ces nouvelles ressources.
