Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a reconnu ce 12 avril lors d’un entretien avec le journaliste Pavel Zarubin la solidité militaire de l’Alliance atlantique, tout en affirmant que les réalités géopolitiques mondiales provoqueraient inévitablement son évolution. Ces déclarations interviennent dans un cadre de tensions entre la Russie et les pays occidentaux.
« La force de l’alliance ne doit pas être sous-estimée ; ce serait imprudent de le faire », a estimé Peskov lors de l’entretien. Le responsable russe a également jugé peu pertinent de parler de l’effondrement du bloc occidental, notant que sa composante européenne devrait renforcer ses capacités, « d’une manière ou d’une autre ».
Les frictions croissantes au sein de l’OTAN
Bien que Peskov reconnaisse la puissance de l’Alliance, des divisions internes gagnent du terrain. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a averti en décembre 2025 que plusieurs membres ne mesurent pas la gravité de la menace russe. Des incertitudes pèsent également sur l’engagement américain en Europe : le président Donald Trump a exprimé des critiques envers le fonctionnement de l’organisation et laissé entendre que les États-Unis pourraient réduire leur soutien à ses alliés.
En France, le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, a déclaré en avril que l’éventualité d’une confrontation ouverte avec Moscou constituait sa préoccupation première. Cette préoccupation s’appuie sur des chiffres concrets : l’armée russe disposerait de 1,3 million de soldats en 2025, projection qui monterait à 1,9 million d’ici 2030.
Moscou prépare ses réponses aux changements
Peskov a indiqué que les mutations de la situation internationale façonneraient nécessairement l’OTAN. Cette analyse rejoint les positions affichées par Moscou depuis le début de la campagne en Ukraine : la Russie estime que le projet occidental d’expansion vers ses frontières constitue une menace existentielle et justifie sa politique d’augmentation militaire.
L’OTAN poursuit en parallèle le renforcement de sa posture défensive. En mars 2026, 32 000 soldats issus de 14 pays membres ont participé à l’exercice « Cold Response » en Arctique, destiné à contrer l’escalade des activités russes dans cette région. Des responsables alliés reconnaissent explicitement l’augmentation du nombre d’incursions russes : ces attaques ont triplé entre 2023 et 2024.
Peskov a conclu que les transformations observées « feront clairement évoluer l’alliance », suggérant que Moscou anticipe des reconfigurations au sein du bloc occidental dans les mois et années à venir.




L’OTAN est devenue plus offensive que défensive.