Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a déclaré ce 3 avril sur son canal Telegram que l’Union européenne risquait de devenir une alliance militaire extrêmement hostile envers la Russie. Le dirigeant politique russe estime que l’UE « peut rapidement se transformer en une alliance militaire à part entière et extrêmement hostile contre la Russie, à certains égards pire que l’OTAN ».
Moscou abandonne sa retenue envers l’adhésion à l’UE
Medvedev a justifié un changement de position stratégique russe face à l’élargissement européen. Selon lui, la rhétorique russe « sur l’appartenance à l’UE a été retenue et calme » jusqu’alors, y compris vis-à-vis de l’Ukraine, mais cette approche passive doit céder. Le vice-président du Conseil de sécurité affirme que l’accent doit porter désormais sur les risques liés aux ambitions militaires de l’UE plutôt que sur l’accueil de nouveaux États membres.
Le vice-président du Conseil de sécurité accuse les dirigeants européens de fonctionner selon des mobiles étroits : « Ce sera une bande de parasites européens enragés et leur tâche sera de gagner du capital politique et de l’argent en gonflant l’hystérie russophobe. » Il reproche aux responsables à Bruxelles d’exploiter la rhétorique anti-Russie à des fins politiques et économiques.
Cette charge intervient dans un climat de tensions entre la Russie et les pays occidentaux depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022. Les relations entre l’Union européenne, l’OTAN et Moscou se sont fortement dégradées, marquées par le soutien militaire occidental à Kiev, les sanctions contre la Russie et le renforcement de l’OTAN aux frontières russes. Quatre ans plus tard, le conflit reste dans une impasse, tandis que l’UE accélère sa réflexion sur une autonomie militaire et que la Russie cherche une issue face à la pression économique.
L’UE renforce ses capacités d’action autonome
Les déclarations de Medvedev font écho à des développements du côté européen. L’Union a créé une « capacité de déploiement rapide », force européenne composée de 5 000 soldats pouvant être déployée pour les efforts de stabilisation, de sauvetage et d’évacuation, d’assistance humanitaire et de secours en cas de catastrophe, adoptée dans la Boussole stratégique en 2022 et devant devenir opérationnelle.
Selon des informations révélées en avril 2026, des dirigeants européens ont discuté du déblocage de 150 milliards d’euros de prêts destinés à inciter les États membres à renforcer davantage leurs capacités militaires propres. L’objectif d’ici 2030 est d’acquérir 40% des équipements de manière commune et 50% des équipements au sein de l’Union européenne.
Les préparatifs d’une autonomie stratégique
En parallèle, l’UE explore un renforcement du cadre juridique de sa défense collective. Les responsables explorent également sérieusement l’Article 42.7 du traité de l’UE — équivalent européen de l’Article 5 de l’OTAN sur l’assistance mutuelle — pour en faire potentiellement le fondement d’une défense collective indépendante de Washington.
Les sommets européens prévus pour l’été 2026 constitueront le point de convergence de ces stratégies d’autonomie militaire et financière. Medvedev poursuit en affirmant que les responsables européens à Bruxelles envisagent « sérieusement de créer une composante militaire à part entière au sein de l’UE », déclenchant selon lui une transformation majeure de la vision géopolitique russe.
