Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a plaidé lundi 6 avril pour une approche élargie dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Son message, relayé sur son compte X(ex-Twitter) et mentionnant son homologue malien Abdoulaye Diop.
Le chef de la diplomatie togolaise a affirmé que la réponse sécuritaire seule ne suffisait pas face à la menace. « La lutte contre le terrorisme et la quête de la paix […] ne peuvent se limiter aux seules réponses militaires ou sécuritaires », a-t-il déclaré.
Une approche élargie face aux crises sécuritaires
Dans son message, Robert Dussey a mis en avant la nécessité d’agir sur plusieurs leviers simultanément. Il a évoqué le rôle des politiques économiques et sociales dans la prévention des violences, insistant sur le renforcement des mécanismes d’intégration régionale et sur la réduction des vulnérabilités structurelles.
Selon lui, la stabilité durable passe par un ensemble d’actions combinées, incluant le fonctionnement des institutions, la cohésion sociale et le développement économique. Cette orientation rejoint les analyses de plusieurs organisations internationales qui associent la progression des groupes armés à des facteurs tels que la pauvreté, le chômage des jeunes et l’absence de services publics dans certaines zones du Sahel.
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« La lutte contre le terrorisme et la quête de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel ne sauraient se limiter aux seules réponses militaires ou sécuritaires ; elles requièrent également un renforcement des mécanismes d’intégration socio-économique. C’est en conjuguant stabilité institutionnelle, inclusion sociale et développement partagé que nous pourrons espérer bâtir des fondements solides pour une paix durable. @AbdoulayeDiop8 #Africanophonie #APA #AlliancePolitiqueAfricaine #CongrèsPanafricain #CongrèsPanafricainDeLomé #Panafricain #Faso #Mali #Niger #Sahel #CEDEAO #Panafricanisme #LPSF #AES« , a écrit le ministre togolais.
Une position déjà défendue par Lomé
Le positionnement exprimé lundi reprend une ligne déjà portée par la diplomatie togolaise ces dernières années. En février 2023, Robert Dussey avait insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes du terrorisme dans la région, en évoquant notamment les inégalités socio-économiques en complément du renforcement des dispositifs sécuritaires.
Le Togo participe par ailleurs aux initiatives régionales de sécurité, notamment à travers la coopération avec les pays du Golfe de Guinée confrontés à l’extension des attaques vers leurs frontières nord. Le pays a renforcé ces dernières années sa présence militaire dans la région des Savanes, en réponse à plusieurs incursions attribuées à des groupes armés.
Une dynamique régionale sous pression
Les déclarations interviennent alors que la situation sécuritaire reste instable dans plusieurs pays du Sahel, marqués par des attaques récurrentes et des déplacements de populations. Les États de la région tentent d’adapter leurs stratégies, entre actions militaires, coopération régionale et programmes de développement.
La question d’une réponse plus globale figure également à l’agenda de plusieurs cadres régionaux, dont la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui cherche à coordonner les efforts sécuritaires et socio-économiques.
