Donald Trump a tenu lundi 6 avril une conférence de presse à la Maison-Blanche, aux côtés du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, du directeur de la CIA John Ratcliffe et du chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine. Le président américain y a multiplié les déclarations offensives sur l’Iran, à moins de 24 heures de l’expiration de son ultimatum pour la réouverture du détroit d’Ormuz.
« L’ensemble du pays peut être détruit en une nuit, et cette nuit pourrait être demain soir », a déclaré Trump depuis la salle de presse Brady, en référence à sa deadline fixée au mardi 8 heures du soir, heure de Washington. Le président a confirmé qu’il n’avait pas approuvé la proposition de cessez-le-feu de 45 jours soumise la veille par le Pakistan, l’Égypte et la Turquie, la jugeant « pas suffisante » malgré qu’elle constitue « une étape significative ». L’Iran avait lui-même rejeté cette proposition lundi matin, exigeant une fin permanente de la guerre assortie de garanties de non-agression.
La menace contre un journaliste, élément inédit de la conférence
Trump a consacré une partie notable de sa prise de parole à attaquer les médias après la publication, en pleine opération de sauvetage, de l’information selon laquelle un second aviateur américain était toujours porté disparu en Iran. Selon lui, cette révélation aurait alerté les forces iraniennes, compliquant l’extraction du colonel blessé qui se cachait depuis près de 48 heures dans une crevasse de montagne. L’Iran avait alors diffusé un avis offrant une récompense pour sa capture. Trump a annoncé son intention d’identifier le journaliste à l’origine de l’article et d’exiger de son employeur qu’il révèle sa source : « On dira : sécurité nationale, donnez-le ou allez en prison. » Il n’a pas précisé quel média était visé.
Détails inédits sur l’opération de sauvetage du F-15E
Ratcliffe a confirmé que la CIA avait déployé une campagne de déception pour orienter les recherches iraniennes à l’opposé de la position réelle du colonel, avant de le localiser grâce à ses « actifs humains et technologies de pointe ». Hegseth a précisé que les forces américaines avaient survolé l’Iran pendant sept heures en plein jour pour le premier pilote, puis sept heures de nuit pour le second, avant de détruire sur place leurs propres aéronefs immobilisés dans le sable et de repartir sur des appareils plus légers. L’opération a mobilisé plus de 150 aéronefs et environ 200 munitions selon CBS News.
Trump a par ailleurs indiqué avoir tenté d’acheminer des armes aux manifestants iraniens via un réseau intermédiaire, sans préciser lequel, tout en reconnaissant que l’opération n’avait pas abouti comme prévu. Il a également affirmé ne pas se préoccuper des accusations de crime de guerre liées aux menaces de frappes sur les infrastructures civiles iraniennes.
L’ultimatum américain expire le mardi 7 avril à 20 heures, heure de Washington. En l’absence d’accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz, Trump a menacé de frapper les centrales électriques et les ponts iraniens, tout en laissant entendre que « d’autres options, pires encore », restaient disponibles sans les détailler publiquement.



