CEDEAO–AES : Lansana Kouyaté face à Traoré pour poser les bases d'une nouvelle coexistence

Le médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) auprès de la Confédération des États du Sahel (AES), Lansana Kouyaté, a été reçu en audience lundi 25 mai 2026 à Ouagadougou par le capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso et président en exercice de l’AES. La rencontre, la première entre l’émissaire de la CEDEAO et le chef de l’AES depuis sa nomination, a porté sur les questions de sécurité et de stabilité régionale, selon la Direction de la communication de la Présidence du Faso.

Ouagadougou, étape décisive d’un tour des capitales

Désigné négociateur en chef le 23 mars 2026 par la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO, Lansana Kouyaté mène depuis plusieurs semaines une série de consultations auprès des dirigeants de la sous-région. Avant Ouagadougou, l’ancien Premier ministre guinéen et ex-secrétaire exécutif de la CEDEAO avait successivement rencontré le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan le 30 avril, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye à Dakar le 8 mai, puis le président ghanéen John Dramani Mahama à Accra. L’étape burkinabè revêt un caractère particulier : en recevant Kouyaté, Traoré répondait non seulement en tant que chef d’État du Burkina Faso, mais au nom de l’ensemble de la Confédération dont il assure la présidence tournante.

Des échanges qualifiés de fructueux, sans engagements publiés

À l’issue de l’audience, Lansana Kouyaté a déclaré avoir plaidé pour « une coopération exemplaire » entre les deux espaces régionaux, invoquant la contiguïté géographique comme socle d’un dialogue nécessaire. Il a précisé que le président Traoré avait transmis des « instructions éclairées », sans en révéler le contenu. Aucun communiqué conjoint ni accord formel n’a été rendu public à l’issue de la rencontre.

Le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, officialisé début 2025, avait conduit à la création de l’AES comme cadre institutionnel alternatif. Ce retrait est considéré comme définitif par les trois pays membres, tandis que des domaines de coopération pratique — libre circulation des personnes, échanges commerciaux, coordination sécuritaire — restent en suspens entre les deux blocs.

La prochaine étape du processus de médiation devrait conduire Lansana Kouyaté à Bamako et Niamey, pour des audiences similaires avec les chefs d’État malien et nigérien, avant de rendre compte à la Conférence des chefs d’État de la CEDEAO.

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