Colossal Bioscience: 26 poussins nés sans poule dans des œufs artificiels

Colossal Biosciences, entreprise biotechnologique spécialisée dans la désextinction et basée à Dallas (Texas), a annoncé le 19 mai 2026 avoir fait éclore 26 poussins vivants dans des structures artificielles imprimées en 3D, sans recours à une coquille naturelle ni à une poule couveuse. Les embryons, prélevés d’œufs fraîchement pondus, ont été transférés dans ces dispositifs synthétiques et incubés jusqu’à l’éclosion.

Le système développé par Colossal repose sur un treillis ovale imprimé en 3D, tapissé d’une membrane en silicone transparente conçue pour reproduire les échanges gazeux d’une vraie coquille. Contrairement aux expériences menées dans les années 1980 sur des embryons aviaires sans coquille — qui nécessitaient un apport en oxygène supplémentaire, au risque d’endommager l’ADN —, cette membrane permettrait des transferts d’oxygène et de dioxyde de carbone comparables à ceux d’un œuf naturel, selon la société. Le dispositif est réutilisable, compatible avec les incubateurs commerciaux standard et conçu pour être décliné en différentes tailles.

Un outil pour la résurrection d’espèces disparues

L’objectif déclaré de Colossal dépasse le poulailler. La société, déjà engagée dans des programmes de résurrection du mammouth laineux et du loup terrible, cible des espèces aviaires éteintes dont les œufs ne peuvent être portés par aucun oiseau vivant. Le moa géant de l’île du Sud, espèce néo-zélandaise disparue il y a environ 600 ans, pondait des œufs représentant quelque 80 fois le volume d’un œuf de poule — une contrainte que le système artificiel pourrait théoriquement contourner. Le retour du dodo, dont Colossal a déjà cultivé des cellules germinales primordiales en 2025, serait envisageable dans quatre à cinq ans selon son PDG Ben Lamm.

Des résultats sans validation par les pairs

La communauté scientifique accueille l’annonce avec prudence. Colossal n’a publié aucun article dans une revue à comité de lecture, rendant toute évaluation indépendante impossible à ce stade. Certains chercheurs estiment que la technologie s’appuie sur des travaux antérieurs menés sur plusieurs décennies, sans reconnaissance suffisante de cette dette scientifique. « Une surestimation manifeste », a déclaré le chercheur Katsuya Obara, cité par plusieurs médias scientifiques.

Les 26 poussins éclos vivent désormais dans la réserve aviaire de Colossal au Texas. La société indique travailler à une version industrialisée du dispositif par moulage par injection, pour une production à grande échelle et à moindre coût.

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