Détroit d'Ormuz : explosion à bord du HMM Namu, Séoul enquête sur les causes

Un cargo opéré par l’armateur sud-coréen HMM a été endommagé lundi 4 mai par une explosion survenue dans le détroit d’Ormuz. Le navire, le HMM Namu, battant pavillon panaméen, était ancré dans le détroit lorsque la déflagration s’est produite vers 20h40, heure locale, selon le ministère sud-coréen des Océans et des Pêches. Les 24 membres d’équipage — six ressortissants sud-coréens et dix-huit nationaux étrangers — ont tous été comptabilisés sains et saufs.

L’incident survient quelques heures seulement après que le commandement militaire iranien a publiquement menacé de prendre pour cible tout navire étranger s’approchant du détroit. « Nous mettons en garde toute force armée étrangère, en particulier l’agressive armée américaine : s’ils ont l’intention de s’approcher du détroit d’Ormuz ou d’y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués », avait déclaré le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées Khatam Al-Anbiya, cité par la télévision d’État iranienne.

Attaque ou mine : la cause reste indéterminée

L’explosion aurait été localisée du côté bâbord de la salle des machines, d’après les informations transmises à Séoul par un navire se trouvant à proximité. Les autorités sud-coréennes examinent deux hypothèses : une attaque délibérée ou le contact avec une mine marine dérivante. Aucune attribution de responsabilité n’a été formulée à ce stade par Séoul ni par aucune autre autorité officielle.

La journée du 4 mai a été marquée par une série d’incidents dans le détroit. La marine iranienne a lancé des tirs de missiles de croisière en guise d’avertissement contre des navires militaires américains, selon la télévision d’État citant un communiqué de l’armée. L’agence de presse semi-officielle Fars a par ailleurs affirmé que deux missiles auraient ciblé une frégate de l’US Navy près du port de Djask — une information formellement démentie par le commandement militaire américain, qui a assuré qu’aucun de ses bâtiments n’avait été touché.

Le détroit sous contrôle iranien depuis le 28 février

Ces événements s’inscrivent dans une crise maritime ouverte depuis le 28 février 2026, date à laquelle l’Iran a imposé un contrôle strict du trafic dans le détroit, en réponse aux frappes conjointes américano-israéliennes sur son territoire. Par cette voie transitait ordinairement un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis lors, plus de 150 navires commerciaux sont bloqués dans le Golfe.

C’est précisément pour y répondre que le président Donald Trump a annoncé dimanche le lancement du « Projet Liberté », une opération d’escorte de navires commerciaux par la marine américaine. Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement iranien sur la sécurité nationale, a prévenu que toute intervention américaine dans ce qu’il désigne comme le « nouveau régime maritime du détroit d’Ormuz » serait considérée comme une violation du cessez-le-feu en vigueur.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a indiqué qu’il maintiendrait une communication étroite avec les pays concernés dans l’attente des conclusions de l’enquête, dont aucun calendrier n’a été précisé.

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