Détroit d'Ormuz : l'OTAN évoque une possible intervention si les conditions sont réunies

Le chef du Comité militaire de l’OTAN, l’amiral italien Giuseppe Cavo Dragone, a déclaré dimanche 31 mai, en marge du forum annuel de défense organisé par l’IISS — International Institute for Strategic Studies à Singapour, que des membres de l’Alliance atlantique déplacent actuellement des forces à proximité du détroit d’Ormuz et se tiennent prêts à intervenir si les circonstances l’exigent.

L’amiral Cavo Dragone a précisé que l’OTAN en tant qu’institution n’est pas directement engagée dans la gestion de la crise, mais qu’une « coalition de volontaires » — composée de nations membres et de partenaires partageant les mêmes positions — planifie activement une éventuelle action. « Chaque fois que la condition sera remplie, je pense qu’ils pourront faire leurs affaires », a-t-il déclaré lors du forum annuel de défense organisé par l’Institut international d’études stratégiques (IISS), qui s’est tenu du 29 au 31 mai 2026 à l’hôtel Shangri-La de Singapour.

Un détroit paralysé depuis trois mois

Ces déclarations interviennent alors que le détroit d’Ormuz est quasi-fermé depuis le 28 février 2026, date à laquelle des frappes militaires conjointes américano-israéliennes contre l’Iran ont déclenché une riposte immédiate de Téhéran. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a ordonné la fermeture de la voie maritime, immobilisant environ 150 navires et instaurant un système de péage informel pouvant atteindre deux millions de dollars par pétrolier. Le 13 avril, Washington a répondu en imposant un blocus naval de l’Iran, créant une situation sans précédent de double blocage dans l’un des passages maritimes les plus stratégiques au monde — par lequel transitent en temps normal environ 20 % du pétrole mondial.

Des négociations au point mort

Sur le front diplomatique, le secrétaire d’État américain Marco Rubio évoquait le 24 mai des « progrès significatifs » avec Téhéran, laissant entrevoir un accord prévoyant une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours et une réouverture du détroit à la navigation commerciale. La Maison-Blanche a toutefois rapidement démenti l’existence d’une ébauche formelle, qualifiant les informations circulant à ce sujet d’« invention pure et simple ». L’Iran, pour sa part, a indiqué par la voix de son agence de presse Tasnim que les discussions se limitent pour l’instant à la question de la fin des combats, les dossiers nucléaires étant renvoyés à une phase ultérieure.

Le Pakistan, qui assure la médiation entre Téhéran et Washington, devrait reprendre les pourparlers dans les prochains jours. Aucune date de reprise de la navigation commerciale n’a été confirmée à ce stade.

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