À un moment où les défis socio-économiques nécessitent des réponses audacieuses, la récente formationde l’équipe gouvernementale du président Romuald Wadagni attire l’attention. Parmi les nominations, deux nouveaux portefeuilles stratégiques apparaissent : la formalisation de l’économie, intégrée au ministère du Commerce intérieur, et l’engagement civique, rattaché au ministère des Sports. Ces créations ne sont pas de simples ajustements. Elles montrent une volonté politique claire d’accélérer le développement du Bénin en agissant à la fois sur le civisme des citoyens et sur la structure de l’économie.
L’introduction de l’engagement civique au cœur de l’action publique rappelle l’histoire du Bénin. Pour beaucoup, cette thématique évoque la période de la Révolution, marquée par une mobilisation citoyenne exceptionnelle et un patriotisme fort. À cette époque, les Béninois respectaient l’État et la chose publique, participant activement et volontairement aux actions de développement communautaire.
Cependant, ces comportements ont progressivement laissé place à une incivilité croissante. Aujourd’hui, une mentalité d’attentisme s’est installée. Même pour des actions que les populations pourraient prendre en charge, elles se tournent systématiquement vers l’État central. En faisant de l’engagement civique un portefeuille ministériel, le gouvernement entame un changement historique. Il s’agit de ranimer le civisme, de restaurer le respect du bien public et de responsabiliser chaque citoyen pour qu’il redevienne un acteur dans le développement de sa nation.
Formaliser l’informel, sécuriser l’avenir économique
Le second levier, tout aussi vital dans un contexte mondial et régional complexe, concerne la formalisation de l’économie. Au Bénin, le secteur informel joue un rôle essentiel, incluant la grande majorité des activités marchandes. Bien que ce secteur montre une résilience remarquable, il représente un manque à gagner énorme pour l’État en termes de recettes fiscales.
Plus grave, l’informel rend les travailleurs précaires, privés de protection sociale, et empêche les entreprises d’accéder à des financements structurés. Pour l’État, cette opacité constitue un obstacle majeur à une planification macroéconomique efficace à court, moyen et long terme.
Le rattachement de ce portefeuille au ministère du Commerce intérieur est un choix stratégique judicieux. Cela permettra de guider les acteurs économiques locaux vers une transition légale, non par la contrainte, mais par l’incitation et l’accompagnement. À terme, l’objectif est d’assainir le marché, de sécuriser les emplois et d’élargir la base fiscale pour donner à l’État les moyens d’atteindre ses objectifs.
Une vision globale du développement
En liant la rigueur économique à un réveil de la conscience citoyenne, le gouvernement établit les bases d’une croissance durable. D’une part, la formalisation de l’économie structurerait le commerce intérieur pour en faire un véritable moteur financier au service de la collectivité. D’autre part, l’engagement civique renforcerait le contrat social et l’esprit républicain.
Ces deux ministères partagent donc une même mission : remettre l’intérêt général et la responsabilité au centre de la vie quotidienne des béninois. Le défi de la mise en œuvre est désormais lancé, et le succès de ces réformes dépendra autant de l’éducation des nouveaux ministres que de l’adhésion d’un peuple prêt à renouer avec ses valeurs patriotiques.



