France : des proches de Sassou-Nguesso condamnés pour blanchiment font appel

Des membres de la famille du président congolais Denis Sassou-Nguesso ont annoncé mardi 26 mai, leur appel contre les condamnations prononcées par le tribunal correctionnel de Paris pour blanchiment d’argent et abus de confiance, a déclaré l’avocat de la famille au projet de journalisme d’investigation OCCRP. La nièce du chef d’État, Emilienne Inès Mouebara Nguesso, et son époux Habib Landry Gantsui ont été reconnus coupables la semaine précédente d’avoir blanchi des fonds publics détournés en République du Congo.

Un détournement de fonds via une entreprise d’État

Selon l’OCCRP, l’affaire trouve son origine en 2013, lorsque les autorités congolaises ont accordé à Propharma, une entreprise liée à la famille du président Denis Sassou-Nguesso, des contrats publics d’un montant de 2,3 millions d’euros. Cet argent devait officiellement servir à acheter des médicaments essentiels, mais aucun approvisionnement n’aurait été effectué. Selon les accusations, environ 1,4 million d’euros auraient été retirés en espèces, tandis qu’une somme d’environ 610 000 euros aurait transité par une structure privée afin de financer l’achat d’une maison en Île-de-France, estimée à 960 000 euros.

Le tribunal correctionnel de Paris a également décidé de saisir des biens situés en France, évalués à 880 000 euros, ainsi que 39 040 euros retrouvés en liquide. Emilienne Inès Mouebara Nguesso et Habib Landry Gantsui ont chacun écopé d’une peine de deux ans de prison avec sursis et d’une amende de 50 000 euros.

Un appel fondé sur l’absence de preuve de détournement

Sébastien Journé, avocat de la famille, a contesté la décision, arguant que le tribunal n’a pas établi de détournement réel. La défense soutient que la société congolaise à l’origine des transferts n’a formulé aucune plainte et qu’une justification économique légitime existait pour les flux financiers litigieux. Journé qualifie le verdict de « gifle au parquet national financier français ».

Jean-Philippe Sportouch, le notaire accusé d’avoir organisé l’achat immobilier, a été relaxé par la justice en raison d’un manque d’éléments prouvant sa culpabilité. De son côté, Alpha Gantsui, le fils du couple, a lui aussi été reconnu coupable des mêmes faits. Il a écopé d’une peine d’un an de prison avec sursis et d’une amende de 5 000 euros. L’affaire sera réexaminée dans les prochains mois par la Cour d’appel de Paris.

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