Les opérations militaires françaises au Moyen-Orient ont généré un surcoût supérieur à un milliard d’euros depuis le déclenchement du conflit le 28 février 2026, selon un courrier du Premier ministre Sébastien Lecornu adressé à son gouvernement. Le ministre de l’Action et des comptes publics, David Amiel, a confirmé ce chiffre devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale.
Ce milliard d’euros correspond exclusivement aux dépenses opérationnelles des armées : patrouilles de Rafale, déploiement de la marine nationale, consommation de munitions et de kérosène. Il se distingue du coût global du conflit pour les finances publiques françaises, que Lecornu chiffre à « au moins six milliards d’euros » en intégrant le choc énergétique, la révision à la hausse de l’inflation et les mesures de soutien aux ménages.
Un déploiement naval et aérien inédit depuis des décennies
Dès début mars, Paris a ordonné le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale, escorté de huit frégates — soit 19 des 23 principales unités de surface de la Marine nationale simultanément en mer. Des Rafale opèrent depuis les bases françaises aux Émirats arabes unis, en Jordanie et en Irak. La frégate Provence assure des patrouilles en mer d’Arabie, tandis que la frégate Forbin est engagée en mer Rouge dans le cadre de l’opération européenne Aspides.
L’asymétrie des coûts opérationnels pèse lourdement sur l’équation budgétaire : chaque interception d’un drone iranien Shahed, produit pour environ 25 000 euros, mobilise un missile Mica dont le coût unitaire dépasse 600 000 euros, tiré depuis un Rafale facturé 15 000 euros de l’heure de vol. Le sénateur Cédric Perrin, président de la commission de Défense du Sénat, résume le surcoût en ces termes : « les munitions, les vols de Rafale et la maintenance en condition opérationnelle ».
Une révision budgétaire et législative en cours
Pour absorber ces dépenses imprévues, le gouvernement a annoncé le 21 avril un plan d’économies de six milliards d’euros — quatre milliards sur les budgets ministériels, deux milliards dans la sphère sociale. Le 25 mars, Lecornu avait annoncé devant l’Assemblée nationale 8,5 milliards d’euros de commandes supplémentaires de munitions entre 2026 et 2030, dans le cadre de l’actualisation de la Loi de programmation militaire 2024-2030. Ce texte révisé doit être examiné à l’Assemblée nationale la semaine du 4 mai, puis au Sénat début juin.
