Mali : Choguel Maïga appelle l'UA à « cesser d'être une caisse de résonance étrangère »

L’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a publié ce lundi 25 mai 2026, à l’occasion du 63ème anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), un message sur le réseau social X appelant l’Union Africaine à une refondation profonde. Une prise de position qui intervient alors que le continent célèbre cette date sous le thème de l’accès durable à l’eau et à l’assainissement, retenu par l’UA pour l’année 2026.

La Journée de l’Afrique marque chaque 25 mai la signature, en 1963 à Addis-Abeba, de la charte fondatrice de l’OUA par 32 États africains indépendants. Cette année, les célébrations se tiennent sur plusieurs fronts : à Addis-Abeba au siège de l’UA, à Brazzaville où la Banque africaine de développement a ouvert ses Assemblées annuelles en présence de chefs d’État et de gouvernement, et à Paris où l’UNESCO a organisé sa Semaine africaine du 19 au 22 mai. Des personnalités comme l’ancien président sénégalais Macky Sall ont également pris la parole pour rappeler l’héritage des pères fondateurs, tandis que le Vatican News relayait un bilan jugé « mitigé » par des voix catholiques africaines.

L’UA épinglée pour sa « paralysie institutionnelle »

Dans son message, Choguel Kokalla Maïga dresse un réquisitoire contre l’institution panafricaine. « L’idéal panafricain se heurte à des crises structurelles profondes. L’impasse sécuritaire et le terrorisme endeuillent nos campagnes. Le recul démocratique tant décrié par les salons feutrés n’est que la conséquence directe de la faillite d’institutions déconnectées des réalités populaires. Face aux urgences économiques, climatiques et démographiques, l’UA souffre d’une paralysie institutionnelle chronique », écrit-il. L’ancien chef du gouvernement estime que son pays est « hélas devenu l’épicentre de ces contradictions », dénonçant le fait que « les mécanismes traditionnels de solidarité africaine ont failli » face à l’agression terroriste que traverse le Mali.

Il rappelle que le passage de l’OUA à l’UA en juillet 2002 à Durban avait précisément pour objet de corriger les limites structurelles de l’organisation d’origine, notamment son impuissance face aux conflits internes et aux génocides, en substituant au principe de non-ingérence celui de « non-indifférence » — formulé dans l’Acte constitutif de l’UA — autorisant une intervention militaire en cas de crimes de guerre, de génocide ou de coup d’État. Un mécanisme que l’ancien Premier ministre juge aujourd’hui détourné de ses fins.

L’AES présentée comme modèle d’un « panafricanisme des peuples »

Choguel Maïga présente l’Alliance des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger depuis leur retrait de la CEDEAO, comme une réponse concrète à cette impasse. « Ce choix souverainiste n’est pas un rejet de l’unité africaine, mais sa refondation nécessaire. Le véritable panafricanisme commence par la reconquête de notre souveraineté sécuritaire, politique et économique. On ne s’unit pas dans la faiblesse ou la dépendance extérieure », affirme-t-il. Son appel final à l’institution est direct : « L’UA doit cesser d’être une caisse de résonance des puissances étrangères pour redevenir le sanctuaire de la liberté africaine. »

Le prochain sommet ordinaire de l’Union Africaine est attendu en juillet 2026 lors de la 49ème session ordinaire du Conseil exécutif, prévue les 24 et 25 juin, qui précédera l’Assemblée des chefs d’État. La question du rôle de l’UA face aux transitions politiques du Sahel devrait y figurer parmi les sujets.

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