L’ancien Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga a publié le 11 mai 2026 une mise au point sur le réseau social X, contestant les déclarations faites par le président français Emmanuel Macron au sommet « Africa Forward » de Nairobi. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président kényan William Ruto, Macron avait estimé que « le Mali n’a pas pris la meilleure décision » en exigeant le retrait des forces françaises, qui combattaient les groupes djihadistes au Sahel jusqu’en 2022. Pour Choguel Maïga, cette lecture déforme la réalité des faits.
Macron s’était accommodé du premier coup d’État, pas du second
Dans sa mise au point, l’ancien chef du gouvernement malien rappelle qu‘Emmanuel Macron avait dans un premier temps accepté le changement de pouvoir issu du coup d’État du 18 août 2020, déclarant publiquement sur RFI que « le Gouvernement de Bah N’Daou est en train de réussir, en trois mois, ce que Ibrahim Boubacar Keïta n’a pu faire en sept ans ». La rupture, selon Maïga, est intervenue après le second changement du 24 mai 2021 : Macron aurait alors voulu désigner lui-même le Président de la Transition et le Président du Conseil national de Transition, ce que les autorités maliennes ont refusé. En réaction, il aurait annoncé unilatéralement, « sans préavis », le retrait des forces françaises et leur redéploiement dans la Zone des Trois Frontières. Selon Maïga, « le Chef de l’État du Mali avait appris cette décision de Macron par les médias, comme un citoyen lambda ».
L’ancien Premier ministre détaille ensuite d’autres points de friction. Sur le G5 Sahel, il affirme qu’Emmanuel Macron s’est opposé à la tenue d’une réunion statutaire au Mali lorsque la présidence tournante revenait au pays, s’imposant aux autres chefs d’État membres, « montrant ainsi que cette organisation était, en fait, dirigée par la France ». Sur la Force Takuba, Maïga indique qu’elle « s’est installée sur notre territoire malien sans l’autorisation des autorités compétentes », faisant de Ménaka « un centre d’entraînement pour les Forces spéciales de plusieurs pays européens ». Le Mali en a exigé le retrait. Enfin, sur la question des alliances, Maïga affirme que Macron « voulait notamment nous interdire toute coopération avec la Russie et d’autres partenaires stratégiques », ce que Bamako a rejeté.
« La France nous a abandonnés en plein vol »
C’est dans cette situation que Choguel Maïga avait prononcé, le 25 septembre 2021 à la tribune de l’ONU à New York, la formule selon laquelle « la France nous a abandonnés en plein vol », qu’il décrit dans sa mise au point comme « un euphémisme pour dire que la France nous a trahi ». La demande de retrait de la MINUSMA — mission onusienne déployée depuis 2013 — est présentée comme le dernier acte d’une séquence, intervenu « après dix ans de présence sans résultats tangibles ». Son retrait effectif s’est achevé en janvier 2024.
Pour Maïga, « il apparaît nécessaire, pour l’Histoire, de rétablir la vérité, à l’attention de l’opinion publique nationale et internationale, ceci dans le but d’éviter la manipulation et la falsification des faits ». Il conclut en affirmant que « le Mali a retrouvé sa souveraineté, son indépendance et sa dignité », et que « les vicissitudes actuelles ne changeront rien fondamentalement dans la trajectoire victorieuse finale du Mali et des pays de l’AES ».
Depuis le départ des forces françaises, le Mali a officialisé sa coopération militaire avec la Russie, notamment à travers le déploiement d’instructeurs et de partenaires sécuritaires russes sur le terrain. Bamako a par ailleurs acquis du matériel militaire russe, dans le cadre d’accords conclus par les autorités, que Maïga présente comme la preuve concrète que « les FAMa sont équipées et montent en puissance grâce aux partenariats stratégiques choisis librement ».




« Choguel Maïga conteste la version de Macron »
Macron, on ne sait jamais s’il ment sciemment ou s’il dit n’importe quoi !