Nigeria : 75 ans de prison pour l'ex-ministre de l'Énergie Saleh Mamman, condamné pour blanchiment

La Haute Cour fédérale d’Abuja a condamné mercredi 13 mai 2026 l’ancien ministre nigérian de l’Énergie, Saleh Mamman, à 75 ans de prison pour blanchiment d’argent. Le juge James Omotosho l’a déclaré coupable des douze chefs d’accusation retenus par la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), portant sur le détournement de 33,8 milliards de nairas destinés à deux projets hydroélectriques majeurs financés par l’État.

Les fonds visés par l’accusation avaient été alloués aux centrales de Zungeru et de Mambilla, deux infrastructures présentées comme essentielles pour réduire le déficit structurel d’électricité au Nigeria. Selon l’EFCC, plus de 26 milliards de nairas auraient transité par des opérateurs de bureaux de change sur instruction de Mamman, avant d’être réorientés vers des sociétés privées. L’agence a produit 43 pièces à conviction — relevés bancaires, notes de service internes, documents contractuels — et entendu 17 témoins au cours d’une instruction ouverte en juillet 2024.

Des peines consécutives et une confiscation de biens

Le juge Omotosho a ordonné que les peines prononcées pour chaque chef d’accusation soient purgées consécutivement, portant le total à 75 ans. Le tribunal a par ailleurs statué sur la confiscation définitive au profit du gouvernement fédéral de l’ensemble des biens déjà saisis. Mamman a également été condamné à rembourser 22 milliards de nairas, soit le solde des fonds détournés que les enquêteurs ont pu retracer directement aux projets Mambilla et Zungeru.

Un condamné en fuite, une deuxième procédure en cours

Mamman n’était pas présent lors du prononcé du jugement. Le juge a qualifié son absence de tentative délibérée d’entraver le cours de la justice et a ordonné que la peine commence à courir à compter de la date de son arrestation effective. Tous les services de sécurité nigérians ont reçu instruction de le localiser et de l’appréhender ; Interpol a également été saisi.

Cette condamnation ne clôt pas l’ensemble des poursuites visant l’ancien ministre. Une procédure distincte est en cours devant le tribunal de la FCT, où Mamman est poursuivi aux côtés de sept co-accusés pour neuf chefs supplémentaires — complot, escroquerie et intention de frauder — portant sur 31 milliards de nairas également liés au projet Mambilla.

Mamman avait exercé les fonctions de ministre de l’Énergie entre 2019 et 2021 sous la présidence de Muhammadu Buhari, avant d’être limogé lors d’un remaniement. L’EFCC l’avait interpellé dès mai 2021. En novembre 2025, sa défense avait déposé une requête en non-lieu, rejetée par le juge Omotosho le 11 décembre 2025. Mamman ne s’est plus présenté à l’audience depuis, alors qu’il était annoncé comme candidat potentiel à l’élection gubernatoriale de l’État de Taraba en 2027.

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