Nigeria : des élus américains veulent bloquer 50 % de l'aide sans progrès sécuritaires

La commission des crédits de la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé jeudi 30 avril un projet de loi qui subordonnerait le déblocage de la moitié de l’assistance financière américaine au Nigeria à des avancées mesurables dans la lutte contre les groupes armés. Le texte exige que le Secrétaire d’État certifie que le gouvernement nigérian prend des « mesures efficaces » contre les violences avant le versement de ces fonds.

Cette décision intervient alors que Washington renforce son engagement auprès de Lagos. Les États-Unis sont devenus un partenaire militaire central pour le Nigeria, avec le déploiement d’environ 200 soldats et de drones de surveillance avancés dans le nord du pays, complétés par des frappes aériennes coordonnées lancées en décembre dernier contre des positions de l’État islamique. Malgré cet appui sécuritaire, le Congrès américain lie désormais la poursuite de son aide à des résultats tangibles.

Les conditions du déblocage des fonds

Le projet de loi dans le budget de sécurité nationale pour l’exercice fiscal 2027 impose aux autorités nigérianes de conduire des enquêtes et des poursuites contre les membres de groupes armés. Il exige également une contribution financière du Nigeria équivalente, dollar pour dollar, pour tous les programmes soutenus par Washington. Cette mesure de contrepartie vise à s’assurer que le pays partage le coût des initiatives de sécurité.

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Les législateurs demandent également que Lagos privilégie l’assistance aux victimes, en particulier les personnes déplacées à l’intérieur du pays, et qu’elle facilite leur retour et la reconstruction des zones affectées par les violences. Ces exigences reflètent les préoccupations du Congrès face aux attaques menées dans les régions septentrionales.

Une enveloppe budgétaire réduite

Le projet de loi alloue 47,32 milliards de dollars à l’aide étrangère et aux programmes diplomatiques pour 2027, soit une baisse d’environ 6 % comparée à l’exercice précédent. Le Nigeria ne figure pas parmi les bénéficiaires de montants précisément spécifiés, mais ces nouvelles restrictions pourraient réduire sensiblement sa part d’assistance. Le texte doit encore être examiné par le Sénat américain avant d’être transmis à la Maison-Blanche pour signature présidentielle.

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