À l’occasion de la 105e édition du Nonvitcha célébrée ce dimanche 24 mai à Grand-Popo, l’évêque de Lokossa, Mgr Coffi Roger Anoumou, a exhorté la jeunesse à s’engager pour le développement et à tourner le dos à la drogue, à la division et à la cybercriminalité.
La célébration eucharistique marquant l’apothéose de la 105e édition du Nonvitcha, fête identitaire des communautés Xwla et Xwéla de Grand-Popo, a pris ce dimanche 24 mai 2026 une tonalité à la fois spirituelle, sociale et citoyenne. Devant plusieurs personnalités politiques, religieuses, traditionnelles et des centaines de fidèles réunis sur la plage de Grand-Popo, l’évêque de Lokossa, Monseigneur Coffi Roger Anoumou, a lancé un appel appuyé à la jeunesse béninoise pour qu’elle refuse « la drogue », « le gaï » et les dérives qui compromettent l’avenir du pays.
« Ne faisons pas du Bénin le pays des cybercriminels. Ne faisons pas du Bénin le pays des gaïmans. Ne faisons pas du Bénin le pays des jeunes drogués sans idéal, sans programme de vie », a déclaré le prélat au cours de son homélie prononcée lors de cette messe de Pentecôte organisée exceptionnellement en bordure de mer.
Cette célébration religieuse, qui ouvre symboliquement le deuxième centenaire du Nonvitcha créé en 1921, s’est déroulée dans un contexte particulier marqué par la concomitance entre la Pentecôte, la fête identitaire des communautés Xwla et Xwéla et la cérémonie d’investiture du nouveau président de la République, Romuald Wadagni. Dans son homélie, Mgr Coffi Roger Anoumou a d’ailleurs invité les fidèles à prier pour les autorités et pour la paix sociale.
« La paix pour nos cœurs et nos pays, la paix pour le monde encore en proie à la guerre », a-t-il insisté, appelant les populations à cultiver « l’amour, la patience, la bienveillance et la maîtrise de soi » plutôt que « la haine, la jalousie, les rivalités et les divisions ».
L’évêque de Lokossa a particulièrement centré son message sur le thème retenu pour cette 105e édition : « Engagement de la jeunesse des communautés Xwla et Xwéla pour le développement ». Selon lui, le développement ne peut être dissocié de l’engagement individuel et collectif. « Sans un réel engagement, il n’y a pas de développement », a-t-il affirmé, décrivant l’engagement comme une dynamique fondée sur « l’enthousiasme, la motivation, la persévérance, l’action et la créativité ».
S’adressant directement aux jeunes, le prélat a multiplié les mises en garde contre la consommation de stupéfiants et l’alcoolisme, évoquant notamment sa visite récente dans une maison de désintoxication à Dassa. « J’ai été accueilli par des jeunes tout beaux, élégants, costauds. Mais ce qui m’a fait mal, ce sont ces yeux forcés par un sommeil imposé par l’alcool et la drogue », a-t-il confié.
Pour l’évêque, la jeunesse béninoise représente un potentiel à préserver. « Parmi vous, il y a des présidents de la République », a-t-il lancé, exhortant les jeunes à croire en leur avenir et à ne pas céder aux influences destructrices. Citant le pape François, il les a invités à « laisser une empreinte qui marque l’histoire ».
Avant l’homélie, le président du Bureau fédéral exécutif du Nonvitcha, Norbert Kassa, avait officiellement ouvert cette célébration en rendant hommage aux pères fondateurs de l’association et aux anciens dirigeants. Il a souligné que cette 105e édition marque « l’entame du deuxième centenaire de vie de l’association ».
Le responsable associatif a également insisté sur la portée symbolique de cette journée du 24 mai 2026, qualifiée de « jour de gloire et d’abondantes bénédictions », en raison de la coïncidence entre la Pentecôte, le Nonvitcha et l’investiture présidentielle. Réaffirmant l’attachement des communautés Xwla et Xwéla à l’unité et à la fraternité, il a appelé à poursuivre l’œuvre de transmission et de développement portée par le Nonvitcha depuis plus d’un siècle.



