Bénin : 5e au monde pour la transparence budgétaire

Le gouvernement béninois a présenté, jeudi 18 juin 2026 à Cotonou, les résultats du Bénin à l’Enquête sur le Budget Ouvert (Open Budget Survey – OBS) 2025. Réalisée par l’International Budget Partnership (IBP) et rendue publique le 3 juin dernier, cette évaluation internationale place le pays parmi les meilleures performances mondiales en matière de transparence budgétaire, de participation citoyenne et de contrôle des finances publiques. La restitution des résultats a réuni des représentants des institutions publiques, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile ainsi que des professionnels des médias.

Le Bénin en tête en Afrique francophone sur la transparence budgétaire

Selon les données présentées par le ministère de l’Économie et des Finances, le Bénin a obtenu 77 points sur 100 pour le critère de transparence budgétaire. Ce score lui permet d’occuper la première place en Afrique francophone, la deuxième en Afrique subsaharienne derrière l’Afrique du Sud et la cinquième au niveau mondial.

Cette progression apparaît particulièrement significative au regard des résultats enregistrés il y a une décennie. D’après les chiffres rappelés lors de la cérémonie, le pays ne totalisait qu’un point sur 100 lors de l’édition 2012 de l’enquête. En treize ans, le score béninois a ainsi progressé de 76 points.

Prenant la parole au nom du gouvernement, Rodrigue Chaou, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget et de la Fonction publique, a attribué ces résultats aux réformes engagées dans la gestion des finances publiques et à l’amélioration de l’accès des citoyens aux informations budgétaires. « De la transparence passive de 2012, nous bâtissons aujourd’hui la transparence active », a déclaré le ministre.

Une participation citoyenne parmi les plus élevées au monde

L’évaluation de l’IBP porte également sur la participation du public aux processus budgétaires. Sur ce volet, le Bénin a obtenu 52 points sur 100. Ce résultat place le pays au premier rang en Afrique subsaharienne et au deuxième rang mondial, derrière le Brésil. Ce classement mesure notamment les mécanismes permettant aux citoyens, organisations de la société civile et autres acteurs non étatiques de contribuer aux discussions relatives à l’élaboration, à l’exécution et au suivi du budget de l’État.

Les performances enregistrées sur cet indicateur ont été saluées par les partenaires du développement présents à la rencontre. Rike Sohn, cheffe de coopération de l’ambassade d’Allemagne au Bénin, a réaffirmé la volonté des partenaires techniques et financiers de poursuivre leur accompagnement en faveur du renforcement de la gouvernance publique.

Un contrôle budgétaire renforcé

Le troisième pilier de l’enquête concerne les mécanismes de contrôle et de surveillance des finances publiques. Le Bénin a obtenu 72 points sur 100 pour ce critère.

Avec ce score, le pays se classe deuxième en Afrique subsaharienne et onzième au niveau mondial. L’indicateur évalue notamment l’efficacité des institutions chargées du contrôle budgétaire, parmi lesquelles le Parlement et les institutions supérieures de contrôle des finances publiques.

Lors de la présentation des résultats, Rigobert Orou, président du conseil d’administration de Social Watch Bénin, a estimé que ces performances reflètent à la fois les avancées réalisées et les défis qui demeurent pour consolider les acquis.

L’Open Budget Survey est une enquête comparative menée périodiquement par l’International Budget Partnership dans plusieurs dizaines de pays. Elle évalue la disponibilité des informations budgétaires, les possibilités offertes aux citoyens de participer au processus budgétaire ainsi que l’efficacité des mécanismes de contrôle indépendants.

La séance de restitution a également permis aux participants de découvrir le dispositif méthodologique utilisé par l’IBP pour établir les classements internationaux. Les recommandations issues de l’édition 2025 ont ensuite été officiellement remises aux représentants de l’Exécutif, de l’Assemblée nationale et de la Cour des comptes, appelés à poursuivre les actions d’amélioration identifiées par l’évaluation.

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