La chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a de nouveau examiné, lundi 15 juin 2026 à Cotonou, le dossier du commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé. L’audience a été marquée par la constitution d’un avocat pour assurer la défense du prévenu, une évolution procédurale qui a conduit la juridiction à reporter l’examen du dossier au 20 juillet 2026.
Alors que les réquisitions du ministère public étaient attendues à cette étape de la procédure, elles n’ont finalement pas été présentées. Selon les informations rapportées par Libre Express, Me Julien Togbadja s’est officiellement constitué pour défendre l’officier de police lors de cette troisième audience. Face à cette nouvelle situation, la Cour a accordé un délai à la défense afin qu’elle puisse prendre connaissance de l’ensemble des pièces du dossier. Le procès a donc été renvoyé au lundi 20 juillet 2026.
Une procédure ouverte depuis février 2026
Le commissaire Delcoz Kindjanhoundé est poursuivi devant la CRIET pour incitation à la rébellion, incitation à la haine et détention illégale d’armes à feu. Depuis l’ouverture de son procès, le 9 février 2026, il conteste les faits qui lui sont reprochés.
Lors de sa première comparution, il avait plaidé non coupable. Devant les juges, il avait toutefois reconnu être l’auteur de la vidéo à l’origine des poursuites engagées contre lui. Le policier avait soutenu avoir agi à titre personnel et non dans le cadre de ses fonctions.
La procédure avait connu une nouvelle étape le 20 avril 2026. Au cours d’une audience de courte durée, le prévenu avait remis aux magistrats une note écrite destinée à expliquer les raisons qui l’avaient conduit à diffuser cette vidéo. À l’issue de cette audience, le dossier avait été reporté au 15 juin afin de permettre au parquet de présenter ses observations.
Une vidéo à l’origine des poursuites
Les poursuites engagées contre le commissaire trouvent leur origine dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux et largement relayée en ligne. Dans cette intervention, l’officier critiquait la gestion de certaines questions sécuritaires et s’en prenait aux institutions de l’État.
Au cours des débats précédents, le ministère public s’était interrogé sur la compatibilité de cette prise de parole avec les obligations professionnelles attachées à la fonction policière. Cette interrogation était notamment liée au fait que l’intéressé apparaissait en uniforme dans la vidéo diffusée.
Le commissaire avait expliqué son initiative par son expérience sur le front de la lutte contre le terrorisme dans le nord du Bénin. Affecté dans cette zone à la fin de l’année 2023, il avait évoqué devant la juridiction les pertes enregistrées parmi les forces engagées dans les opérations de sécurisation. Selon ses déclarations devant la Cour, sa démarche visait notamment à attirer l’attention sur le sort des militaires et agents tombés lors des attaques armées. Il avait également affirmé avoir adressé auparavant plusieurs correspondances à sa hiérarchie.
Une nouvelle audience attendue en juillet
Après la constitution de son avocat, le commissaire Delcoz Kindjanhoundé disposera de plusieurs semaines pour préparer sa défense avant la reprise des débats. Créée par la loi n°2018-13 du 2 juillet 2018, la CRIET est compétente pour connaître des infractions économiques ainsi que de certaines infractions liées au terrorisme et à la criminalité organisée. Dans ce dossier, les réquisitions du ministère public sont désormais attendues lors de l’audience fixée au 20 juillet 2026, sauf nouveau renvoi décidé par la juridiction.



