OPEP : Alger soutient Riyad après le départ d'Abou Dhabi

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a qualifié de « non-événement » le retrait des Émirats arabes unis de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, lors d’une entrevue accordée aux représentants des médias nationaux algériens, diffusée ce samedi 2 mai sur la télévision publique. Interrogé sur les conséquences de cette décision pour le cartel, le chef de l’État a désigné l’Arabie saoudite comme seul pilier arabe de l’organisation.

« Le pays arabe qui constitue le pilier fondamental de l’OPEP, c’est le royaume d’Arabie Saoudite sœur, point à la ligne », a déclaré Tebboune, selon des extraits publiés par la présidence de la République algérienne sur ses canaux officiels.

Abou Dhabi quitte l’OPEP après 59 ans

Les Émirats arabes unis ont annoncé le 28 avril leur retrait de l’OPEP et de l’alliance élargie OPEP+, effectif au 1er mai 2026. Abou Dhabi a invoqué la volonté de retrouver une flexibilité de production et de répondre à ses intérêts nationaux, précisant ne pas avoir consulté ses partenaires — ni l’Arabie saoudite — avant de trancher. Troisième producteur du cartel avec environ 3,5 à 3,9 millions de barils par jour, les Émirats arabes unis étaient membres de l’organisation depuis 1967. Leur départ prive l’OPEP+ de l’un de ses rares membres disposant d’une capacité de réserve significative, aux côtés de Riyad.

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Les Émirats arabes unis avaient publiquement reproché aux membres du Conseil de coopération du Golfe une réponse insuffisante face aux attaques iraniennes subies par le pays depuis le début du conflit régional.

Alger réaffirme son ancrage dans le cartel

La prise de position de Tebboune prolonge la réponse institutionnelle d’Alger formulée dès le 29 avril. Le ministère des Hydrocarbures avait alors publié un communiqué réaffirmant l’engagement « indéfectible » de l’Algérie envers l’OPEP et l’OPEP+, sans mentionner directement le retrait émirati. Le texte présentait le lien entre le secteur algérien des hydrocarbures et l’organisation comme « historique et structurel », et rappelait le rôle de l’Accord d’Alger de 2016 dans la fondation du cadre OPEP+.

L’Algérie produit environ 977 000 barils par jour dans le cadre des quotas en vigueur, après une hausse de 6 000 barils décidée en avril 2026 par les huit pays membres ayant appliqué des réductions volontaires depuis 2023. La prochaine réunion ministérielle de l’OPEP+ doit évaluer l’état du marché à la lumière des perturbations liées au blocage du détroit d’Ormuz, qui pèse sur les exportations de l’ensemble des producteurs du Golfe.

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