RDC : un ex-responsable américain regrette d'avoir soutenu Tshisekedi en 2018

Tibor Nagy, ancien responsable des Affaires africaines au Département d’État américain sous l’administration Trump, a publié le 7 mai 2026 sur X un message dans lequel il dit regretter d’avoir plaidé, en 2018, pour que Washington reconnaisse Félix Tshisekedi comme vainqueur de l’élection présidentielle congolaise. La publication intervient le jour même où le président congolais évoquait publiquement la possibilité d’un troisième mandat.

« L’un de mes plus grands regrets, lors de mon passage comme Sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines, a été de plaider pour que les États-Unis soutiennent Tshisekedi comme vainqueur de l’élection de 2018 en RDC. Je pensais qu’il ferait vraiment la différence et défendrait les intérêts du peuple congolais. Comme je me suis trompé », a écrit Nagy, dont le message a recueilli plus de 35 000 vues en quelques heures.

Tshisekedi ouvre la porte à un troisième mandat

Le tweet de Nagy accompagnait un article d’Africanews rapportant une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa. Tshisekedi y a déclaré ne pas avoir personnellement sollicité un troisième mandat, mais qu’il l’accepterait si le peuple congolais l’y invitait par référendum : « Je n’ai pas cherché un troisième mandat, mais je vous dis : si le peuple veut que j’aie un troisième mandat, je l’accepterai. »

Il a précisé que toute révision constitutionnelle permettant une telle prolongation ne pourrait se faire sans consultation populaire. La Constitution congolaise limite le mandat présidentiel à deux termes. Tshisekedi, élu pour la première fois en janvier 2019 puis réélu en décembre 2023, arriverait normalement en fin de mandat en 2028.

La guerre à l’est comme variable d’ajustement

Le président a également évoqué la possibilité d’un report de l’élection présidentielle de 2028, en raison des combats qui opposent les forces gouvernementales aux rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. « Si nous ne parvenons pas à mettre fin à cette guerre, nous ne pourrons malheureusement pas organiser les élections en 2028 », a-t-il averti, précisant qu’aucun scrutin ne serait organisé sans la participation des deux provinces de l’est.

Ces déclarations ont renforcé les inquiétudes des groupes d’opposition, qui accusent Tshisekedi de préparer le terrain pour une modification constitutionnelle lui permettant de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat actuel. La coalition Lamuka avait déjà, le 5 mai, mis en garde contre ce qu’elle qualifie de dérive vers une « démocratie à deux vitesses ».

Aucune date de référendum n’a été annoncée. La prochaine étape formelle reste l’élection présidentielle prévue en 2028, dont l’organisation dépendra, selon Tshisekedi lui-même, de l’évolution de la situation sécuritaire dans l’est du pays.

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