Félicien Kabuga, homme d’affaires rwandais accusé d’avoir financé le génocide contre les Tutsi en 1994, est décédé samedi 16 mai 2026, à La Haye, aux Pays-Bas, selon une annonce du Mécanisme résiduel des tribunaux pénaux de l’ONU (UNIRMCT). Il avait 93 ans.
Kabuga attendait sa libération conditionnelle vers un État disposé à l’accueillir au moment de sa mort survenue à l’hôpital. Le médecin de la prison des Nations Unies (UNDU) a été immédiatement informé du décès, et les autorités néerlandaises ont lancé les enquêtes standard prévues par la loi locale.
Trois décennies de fuite et d’accusations
Inculpé en 1997 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), Kabuga avait échappé à la justice pendant plus de vingt ans. À titre de président du Fonds de défense nationale, il était soupçonné d’avoir financé l’achat d’armes et de machettes distribuées aux milices Interahamwe. Il avait aussi présidé la Radio télévision libre des Milles Collines (RTLM), station de radiodiffusion qui avait incité à commettre des meurtres lors des massacres.
L’homme d’affaires, passé de la pauvreté à l’une des plus grandes fortunes du Rwanda, avait fui le pays pour la Suisse, puis le Zaïre et le Kenya, où il avait évité trois tentatives d’arrestation. Il a finalement été appréhendé en mai 2020 en banlieue parisienne, où il vivait sous une fausse identité.
Une santé déclinante durant le procès
Son procès avait débuté en septembre 2022 à La Haye. En juin 2023, les juges internationaux avaient suspendu les audiences, estimant Kabuga atteint de démence sévère et inapte à participer significativement à sa défense. Au lieu de clore le dossier, la juridiction avait opté pour une « procédure alternative » sans possibilité de condamnation.
Graciela Gatti Santana, présidente du Mécanisme, a ordonné une enquête approfondie sur les circonstances de la mort. Le juge Alphons Orie a été désigné pour conduire cette investigation. Les résultats de cette enquête devraient être communiqués prochainement.
