Aliments contaminés : 125 000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année

Chaque année, plus de 600 millions de personnes tombent malades après avoir consommé des aliments contaminés. Un chiffre qui place la sécurité sanitaire des aliments au cœur des priorités mondiales de santé publique, alors que la communauté internationale célèbre, ce 7 juin 2026, la 8ᵉ Journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments.

Les données publiées par l’Onu sont sans appel. Sur les 600 millions de cas de maladies d’origine alimentaire recensés chaque année dans le monde, environ 420 000 se soldent par un décès. Derrière ces statistiques, une réalité particulièrement cruelle : les enfants de moins de 5 ans supportent 40 % de la charge totale de ces maladies, soit 125 000 morts par an dans cette seule tranche d’âge.

Le coût économique est tout aussi lourd. Selon de récentes estimations, les aliments impropres à la consommation font perdre chaque année quelque 95 milliards de dollars aux pays à faible et moyen revenu, du fait des seules pertes de productivité. Un montant colossal qui frappe en priorité les économies les moins armées pour y faire face.

Plus de 200 maladies distinctes, allant des gastro-entérites aux infections graves sont imputables à des aliments contenant bactéries, virus, parasites ou produits chimiques. Des agents pathogènes souvent invisibles à l’œil nu, qui peuvent s’introduire dans la chaîne alimentaire à n’importe lequel de ses maillons : production, transformation, stockage, distribution ou préparation.

Les populations vulnérables en première ligne

Si la menace est universelle, elle ne frappe pas de façon égale. Les femmes, les enfants, les populations vivant en zone de conflit et les migrants sont les plus exposés, faute d’accès suffisant à une alimentation contrôlée et à l’eau potable. C’est précisément sur ces inégalités que la Journée internationale de cette année entend braquer les projecteurs, à travers son thème : « Du fardeau aux solutions : un accès universel à des aliments sûrs ».

Un intitulé volontairement ambitieux, qui traduit une prise de conscience collective. Garantir des aliments sains n’est plus seulement une question de santé publique, c’est aussi un impératif de justice sociale.

De la ferme à la table, une responsabilité partagée

Face à l’ampleur du défi, l’Oms et la Fao, qui coorganisent la Journée internationale en collaboration avec les États membres, insistent sur un principe fondamental : la sécurité alimentaire est l’affaire de tous. Gouvernements, producteurs, industriels, commerçants et consommateurs partagent une responsabilité commune à chaque étape de la chaîne alimentaire.

Du côté des États, les leviers sont nombreux : respect des normes alimentaires internationales, renforcement des systèmes de contrôle réglementaire, accès à l’eau potable, promotion des bonnes pratiques agricoles. Des actions dont l’efficacité est désormais documentée. De bonnes pratiques d’hygiène dans les secteurs de l’alimentation et de l’agriculture contribuent à freiner significativement l’émergence et la propagation des maladies.

Le Bénin en ordre de marche

À l’échelle nationale, certains pays ont engagé des réformes concrètes. Le Bénin en offre un exemple. Le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan, a rappelé à l’occasion de cette journée que depuis 2016, le gouvernement béninois a renforcé la surveillance des aliments et développé la collecte de données sur les maladies d’origine alimentaire, un outil indispensable pour cibler les contrôles et adapter les politiques publiques.

Des progrès réels, mais des défis qui demeurent. Les autorités béninoises reconnaissent la nécessité de renforcer encore la coordination entre les acteurs du secteur,  producteurs, commerçants, consommateurs pour franchir une nouvelle étape dans la protection de la population.

Un enjeu de développement global

Au-delà de la santé, la sécurité sanitaire des aliments conditionne également la prospérité économique, l’accès aux marchés internationaux, le tourisme et, plus largement, le développement durable. Autrement dit, négliger ce sujet, c’est fragiliser des pans entiers de l’économie mondiale.

À l’heure où la communauté internationale se dote d’objectifs de développement toujours plus ambitieux, les 600 millions de malades annuels rappellent que les fondamentaux, manger sans risquer sa vie, restent pour des centaines de millions de personnes, un défi quotidien loin d’être relevé.

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