Après le rappel de deux agents de la DGSE, la Géorgie accuse la France d'ingérence

Le président du Parlement géorgien, Chalva Papouachvili, a accusé la France de pratiquer en Géorgie l’ingérence qu’elle dénonce elle-même lorsqu’elle en est la cible. Cette déclaration, formulée début juin 2026 devant des journalistes à Tbilissi, fait suite au rappel par Paris de deux de ses officiers de renseignement stationnés en Géorgie.

C’est la publication française spécialisée Intelligence Online qui a révélé, le 3 juin 2026, que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) aurait été contrainte de rapatrier ces agents après qu’une opération de contre-espionnage menée par le Service de sécurité de l’État géorgien (SSG) en a compromis la couverture. Selon cette même source, les autorités géorgiennes ont exigé leur départ sans aller jusqu’à les déclarer personae non gratae, afin d’éviter une escalade diplomatique ouverte.

Une arrestation à l’origine de la crise

L’affaire remonte au 5 mai 2026, date à laquelle le SSG a arrêté Giorgi Udzilauri, ancien cadre du Service d’enquête du ministère des Finances et ex-responsable des relations presse de la holding Cartu, liée au fondateur du parti au pouvoir Bidzina Ivanichvili. Le parquet géorgien lui reproche d’avoir collecté et transmis des informations classifiées à un service de renseignement étranger en échange d’une rémunération. L’enquête est classifiée ; les charges retenues sont passibles de jusqu’à douze ans de prison.

Le rappel des agents français serait directement lié à cette arrestation, selon Intelligence Online. Peu après la mise en détention d’Udzilauri, les autorités géorgiennes auraient adressé aux pays occidentaux présents sur leur territoire une mise en demeure de rappeler leurs agents, sous peine de voir leurs identités rendues publiques.

Papouachvili retourne l’accusation vers Paris

Papouachvili a réagi à ces révélations en affirmant qu’« il n’existe pas d’officier de renseignement ami ou hostile » et que les services de tout pays n’avaient rien à faire en Géorgie. Sans nommer explicitement la France, il a pointé la contradiction entre les critiques occidentales adressées à Tbilissi au nom de la souveraineté et les activités de renseignement menées sur le sol géorgien.

Les tensions diplomatiques entre Paris et Tbilissi étaient déjà perceptibles avant cet épisode. En mars 2026, la France, l’Allemagne et la Pologne avaient conjointement condamné l’adoption par le Parlement géorgien de nouvelles dispositions restreignant les financements étrangers et les activités politiques des organisations de la société civile. La Commission européenne avait dans la foulée suspendu l’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques géorgiens. L’affaire Udzilauri doit faire l’objet d’une prochaine audience devant les juridictions géorgiennes, dont la date n’a pas encore été communiquée officiellement.

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