Vingt pays africains devancent désormais la France dans le classement mondial de la sécurité et de la stabilité. Le Global Peace Index 2026, publié le 9 juin par l’Institute for Economics and Peace (IEP), place la France au 99e rang sur 163 pays, entre la Tanzanie et le Gabon. Un an plus tôt, elle occupait la 74e place.
Une chute de 25 places en un an
Le score français s’établit à 2,083, contre 2,053 pour l’Algérie (91e) et 1,887 pour le Maroc (65e), qui domine largement le classement des pays du Maghreb. La Côte d’Ivoire se positionne 93e. Parmi les autres nations africaines mieux classées que la France figurent Maurice (18e, premier pays africain du classement), la Guinée équatoriale (38e), le Botswana (50e), la Gambie (56e), Madagascar (59e), la Namibie (63e), la Sierra Leone (74e), le Sénégal (75e), le Ghana (76e), l’Angola (78e), la Zambie (82e), le Malawi (83e), la Guinée-Bissau (85e), le Lesotho (86e), le Liberia (87e), le Zimbabwe (90e) et la Tanzanie (98e).
Selon l’IEP, ce recul tiendrait à une détérioration du domaine sûreté et sécurité, portée par la criminalité violente et la perception de l’insécurité. Le rapport indique que plus d’un quart des personnes interrogées en France déclareraient ne pas se sentir en sécurité en marchant seules la nuit, et qu’environ une sur dix affirmerait avoir été victime d’une agression violente au cours de l’année écoulée, la proportion la plus élevée d’Europe occidentale et centrale selon l’institut.
L’IEP relie également ce recul à la mobilisation sociale du 10 septembre 2025, connue sous le nom de Bloquons tout, qui aurait rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à travers le pays selon les chiffres syndicaux, 175 000 selon le ministère de l’Intérieur, contre les mesures d’austérité budgétaire. La journée avait donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre et à des perturbations ferroviaires dans plusieurs régions.
Un indice qui dépasse la seule criminalité de rue
Établi à partir de 23 indicateurs regroupés en trois piliers, sécurité sociétale, conflits en cours, degré de militarisation, le Global Peace Index ne mesure pas uniquement le risque encouru par un touriste ou un résident. Il agrège des données sur l’incarcération, les dépenses militaires, les exportations d’armes ou encore la stabilité politique. Le Bénin, souvent cité dans les comparaisons régionales, se classe pour sa part 122e, loin derrière la France.
À l’échelle mondiale, l’Islande conserve la première place pour la 19e année consécutive, suivie de la Nouvelle-Zélande, de la Suisse, de la Slovénie et de l’Irlande. La Russie ferme la marche du classement, devant le Soudan, la République démocratique du Congo, l’Ukraine et Israël. Les États-Unis reculent à la 134e place, en repli de quatre places, sous l’effet d’une détérioration de 38,5 % de leur indicateur d’instabilité politique.
L’IEP prévoit la publication de l’édition 2027 du Global Peace Index à la même période l’an prochain, avec un premier examen attendu de l’impact du conflit israélo-iranien de 2026 sur les indicateurs régionaux du Moyen-Orient.
