Bases occidentales : la mise en garde de Medvedev résonne dans le Golfe

Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a déclaré le 24 juin que l’installation de bases militaires occidentales sur des territoires étrangers contredit la résolution 3314 de l’Assemblée générale de l’ONU ainsi que la Charte des Nations unies. Il s’exprimait lors de la session plénière du XIVe Forum juridique international de Saint-Pétersbourg, organisé par le ministère de la Justice russe et Roscongress.

Medvedev a affirmé que fournir son territoire pour la commission d’un acte d’agression entre dans la définition même de l’agression posée par la résolution 3314, et contredit directement le paragraphe 4 de l’article 2 de la Charte de l’ONU. Il a ajouté que ces installations « n’offrent pratiquement aucune protection au pays qui les héberge », selon les propos rapportés par Interfax.

Un constat qui rejoint le bilan de la guerre en Iran

Medvedev n’a cité aucun pays. Son intervention intervient une semaine après la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin à leur conflit militaire entamé en février. Plusieurs monarchies du Golfe, hôtes de bases américaines, ont subi des frappes iraniennes répétées pendant cette guerre.

Une analyse du Middle East Institute a conclu que Washington avait abandonné la dissuasion comme pilier de sa stratégie dans le Golfe, ce qui aurait conduit à un échec militaire et laissé les monarchies arabes dans une situation plus fragile qu’avant le conflit. Des missiles et drones iraniens ont atteint au moins une douzaine de bases américaines, dont le port d’attache de la Ve flotte à Bahreïn et la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar. Six soldats américains ont été tués dans des frappes visant des bases au Koweït.

Pour Trita Parsi, vice-président exécutif du Quincy Institute for Responsible Statecraft, ces installations n’ont pas servi de moyen de dissuasion contre les attaques iraniennes : elles en sont devenues la cible, et la confiance dans la protection américaine semble aujourd’hui ébranlée. Aux Émirats arabes unis, le commentateur Abdulkhaleq Abdulla, proche des dirigeants du pays, a publiquement estimé qu’il était temps d’envisager la fermeture des bases américaines, les qualifiant de fardeau plutôt que d’atout stratégique.

Un appel à des mécanismes juridiques contre les bases étrangères

Lors de son intervention, Medvedev a appelé à l’élaboration de mécanismes juridiques concrets pour démanteler le système de présence militaire étrangère que les pays occidentaux imposent à d’autres États. Il a estimé que le conflit au Moyen-Orient avait montré que ces bases ne protègent pas les pays hôtes mais en font au contraire des cibles, le personnel déployé se préoccupant avant tout d’une évacuation rapide en cas de danger.

Medvedev a également évoqué la rapidité avec laquelle les alliés de Washington modifient leur position lors d’un affrontement direct, citant la situation créée par les frappes contre l’Iran et le blocage du détroit d’Ormuz.

Le mémorandum signé le 17 juin entre Washington et Téhéran doit encore donner lieu à des négociations sur un cessez-le-feu permanent, les modalités définitives n’ayant pas été rendues publiques à ce stade.

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