Bénin : après 60 ans d'incertitude, un récif corallien vivant confirmé au large de Cotonou

Une expédition scientifique a localisé un écosystème corallien en bonne santé à plus de 50 mètres sous la mer, au large de Cotonou. La confirmation intervient six décennies après les tout premiers signes de sa possible existence, selon les résultats communiqués par l’Institut de recherches halieutiques et océanologiques du Bénin (IRHOB).

Un signalement resté sans suite depuis 1966

Dans les années 1960, du corail s’était retrouvé pris par hasard dans les mailles de pêcheurs opérant au large des côtes béninoises. Des scientifiques rattachés à l’ORSTOM avaient alors formulé l’hypothèse qu’une formation récifale pouvait exister à cet endroit, sans disposer des moyens techniques nécessaires pour vérifier cette piste en profondeur. Faute de suivi, l’interrogation est restée ouverte pendant près de soixante ans, sur un plateau continental partagé avec le Togo, à une vingtaine de kilomètres du littoral.

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Une équipe conduite par Gérard Zinzindohoué a relancé les recherches en 2025 dans le cadre du programme Coreb, avec l’appui de partenaires dont National Geographic. Un sonar à balayage latéral, des drones sous-marins et des caméras conçues pour les grands fonds ont servi à explorer plusieurs kilomètres de sédiments avant que les premières signatures récifales n’apparaissent à l’écran.

Une biodiversité observée à cette profondeur

Le site appartient à la catégorie des récifs mésophotiques, qui se développent entre 30 et 150 mètres, là où l’ensoleillement reste très limité. Ce type d’écosystème demeure peu documenté à l’échelle mondiale, en particulier dans le golfe de Guinée.

« Nous avons repéré au sonar des formes qui pouvaient correspondre à un récif », aurait indiqué Zinzindohoué selon des propos rapportés par la presse locale. L’exploration a permis de recenser plusieurs espèces de poissons associées à la région, dont le poisson-ange de Guinée et le poisson-chirurgien de Monrovia.

Une aire marine protégée à l’étude

Zacharie Sohou, qui dirige l’institut océanologique béninois, indique que ce type de formation rocheuse joue un rôle de refuge pour la faune marine et empêcherait mécaniquement la pêche au chalut dans le secteur. Une nouvelle campagne serait envisagée afin de prélever des échantillons de corail et d’en identifier précisément les espèces, ainsi que pour vérifier si le récif s’étend sur une zone plus vaste que celle déjà cartographiée.

Les fonds marins du golfe de Guinée comptent parmi les moins recensés au monde. D’après l’Atlas mondial des récifs coralliens publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement en 2021, moins de 5 % des récifs mésophotiques ouest-africains avaient fait l’objet d’une cartographie détaillée avant 2020. Ce déficit de données explique en partie pourquoi la piste ouverte dans les années 1960 n’avait jamais pu être tranchée.

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