La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) rendra le 20 octobre 2026 sa décision dans le dossier d’un policier béninois poursuivi pour abus de fonction. Lors de l’audience du 14 juillet, le ministère public a requis une peine de 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois ferme, ainsi qu’une amende d’un million de francs CFA.
Selon Libre Express, l’affaire trouve son origine dans une enquête liée à Kemi Seba, au cours de laquelle les autorités ont découvert des échanges impliquant son épouse et un agent de la Police républicaine. Le prévenu est actuellement placé sous mandat de dépôt.
Une assistance à l’aéroport au centre des poursuites
Selon les éléments présentés devant la CRIET, l’épouse de Kemi Seba devait rejoindre la Belgique en passant par l’aéroport de Cotonou. Pensant que l’expiration de son visa pouvait empêcher son départ, elle aurait sollicité une intervention par l’intermédiaire du militant panafricaniste.
Les investigations indiquent pourtant que la voyageuse, de nationalité belge, rentrait dans son pays et pouvait effectuer ce déplacement avec son passeport. D’après le dossier, l’intervention du policier n’aurait donc pas été indispensable.
Le ministère public lui reproche d’avoir accepté une somme de 30 000 francs CFA après cette assistance. Selon l’accusation, ce versement constituerait une récompense en contrepartie de son intervention. « Il s’est rendu coupable d’abus de fonction », a soutenu le parquet dans ses réquisitions.
La défense demande la relaxe
La défense, assurée par Maître Brice Houssou, a contesté l’analyse du ministère public. L’avocat a expliqué que les enquêteurs avaient identifié son client après l’exploitation du téléphone de l’épouse de Kemi Seba dans le cadre de l’enquête principale.
Selon lui, une seconde sollicitation aurait été adressée au policier quelque temps plus tard. L’agent aurait toutefois refusé d’intervenir, indiquant qu’il n’était plus affecté à l’aéroport de Cotonou mais en poste à Savè. « Le bénéfice du doute doit lui profiter », a plaidé l’avocat devant la juridiction.
Une décision attendue en octobre
À l’issue des réquisitions du parquet et des plaidoiries de la défense, la CRIET a mis son jugement en délibéré. La décision est attendue le mardi 20 octobre 2026.
Créée en 2018, la CRIET est compétente pour connaître des dossiers relatifs aux infractions économiques, à la corruption, à la cybercriminalité et aux faits de terrorisme. Depuis sa mise en place, plusieurs agents publics ont comparu devant cette juridiction pour des poursuites liées à l’exercice de leurs fonctions.



