Bénin: arrêtée pour avoir volé 7 millions à son mari et simulé son enlèvement

Une femme poursuivie pour tentative d’escroquerie après avoir mis en scène son propre enlèvement a comparu lundi 15 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Selon les éléments rapportés par Banouto depuis l’audience, l’affaire s’est déroulée entre Porto-Novo et Illara, localité frontalière située dans la commune de Kétou, dans le département du Plateau.

La prévenue, mère de deux enfants, est accusée d’avoir élaboré un stratagème visant à obtenir sept millions de francs CFA auprès de son conjoint, un commerçant alors en déplacement au Nigeria. Le dossier implique également sa sœur aînée et un jeune homme soupçonné d’avoir participé à la mise en scène.

Un faux kidnapping pour masquer la disparition d’une somme d’argent

D’après les faits exposés devant la juridiction et rapportés par Banouto, la femme aurait prélevé à l’insu de son compagnon une somme de sept millions de francs CFA conservée dans un coffre. À la barre, elle a expliqué avoir utilisé cet argent pour acheter des marchandises destinées à des clients qui ne l’auraient finalement jamais payée. Alors qu’elle n’avait pas encore récupéré les fonds investis, son conjoint lui aurait annoncé son retour prochain du Nigeria. Craignant de ne pouvoir replacer l’argent avant son arrivée, elle aurait imaginé un scénario destiné à lui faire croire à un enlèvement.

Selon ses déclarations devant la CRIET, elle a quitté Porto-Novo pour rejoindre sa sœur à Illara. Depuis cette localité, elle aurait organisé une série d’actions destinées à rendre crédible la thèse du rapt. Le commerçant a expliqué à la Cour avoir reçu l’appel d’un numéro inconnu lui réclamant sept millions de francs CFA pour obtenir la libération de la mère de ses enfants. Inquiet, il a procédé à un premier transfert de 300 000 FCFA avant de signaler les faits aux services de police.

Une photo mise en scène et de faux ravisseurs

Les investigations menées après l’alerte auraient permis de remonter jusqu’aux auteurs présumés de la manœuvre. À l’audience, la principale prévenue a reconnu avoir sollicité l’aide d’un conducteur de taxi-moto afin de prendre une photographie d’elle dans une zone isolée. Le cliché, pris alors qu’elle était dévêtue, devait servir à convaincre son compagnon qu’elle se trouvait entre les mains de ravisseurs.

Toujours selon ses explications rapportées par Banouto, l’image a ensuite été envoyée au commerçant depuis un autre téléphone. Un jeune homme aurait également prêté sa voix pour se faire passer au téléphone pour le chef du groupe fictif.

La somme de 300 000 FCFA transférée par la victime aurait été récupérée par la principale prévenue. Elle a déclaré avoir remis 12 000 FCFA à sa sœur et 10 000 FCFA au jeune homme impliqué dans la simulation. Poursuivie dans le même dossier, la sœur de la prévenue a rejeté les accusations. Elle a soutenu avoir simplement tenté d’aider un membre de sa famille confronté à des difficultés financières sans connaître les contours exacts du projet.

Le mari demande la clémence de la Cour

Entendu à son tour, le commerçant a indiqué qu’il ne souhaitait pas se constituer partie civile. Devant les juges, il a demandé que la mère de ses enfants puisse retrouver sa famille.« Je vous demande d’être clément avec elle afin qu’elle rentre s’occuper de nos enfants », a-t-il déclaré à l’audience. Les trois personnes mises en cause ont été placées sous mandat de dépôt dans le cadre de cette procédure. À l’issue des débats, la CRIET a renvoyé l’affaire au 20 juillet 2026 pour les réquisitions du ministère public. Cette étape permettra au parquet spécial de présenter sa position avant que la juridiction ne mette éventuellement le dossier en délibéré.

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