L’Institut des artisans de justice et de paix (Iajp), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, a réuni le jeudi 18 juin 2026 à Cotonou universitaires, chercheurs et représentants de la société civile autour d’une réflexion sur le rôle des institutions juridiques en Afrique. Cette rencontre, organisée dans le cadre des Cercles de réflexion, était consacrée au thème : « Les institutions juridiques en Afrique : entre contre-pouvoir et continuité du pouvoir exécutif ».
Les échanges ont été conduits sous la coordination de plusieurs responsables académiques, dont les professeurs Maxime Da Cruz, Monique Ouassa Kouaro et Maxime Hounyovi. À l’issue des travaux, le directeur de l’Iajp, le Père Eric Aguénounon, a livré son analyse sur l’évolution des institutions chargées d’exercer un contrôle sur l’action publique.
Des institutions de plus en plus proches de l’exécutif
Dans son intervention de clôture, le religieux a estimé que certaines institutions traditionnellement perçues comme des contre-pouvoirs tendent désormais à adopter une posture davantage orientée vers l’accompagnement du pouvoir exécutif. Il a cité notamment l’Assemblée nationale, la Cour suprême ou encore le Conseil économique et social.
Selon lui, cette évolution soulève la question de la légitimité des institutions au-delà de leur seule conformité aux règles juridiques. « Les institutions de contre-pouvoir deviennent progressivement des institutions d’accompagnement », a-t-il déclaré, plaidant pour une réflexion plus large intégrant les apports de disciplines telles que l’histoire, la sociologie, la philosophie, l’économie et la psychologie.
Le directeur de l’Iajp a également rappelé que le fonctionnement des régimes démocratiques repose sur l’existence d’institutions capables d’exercer un contrôle effectif sur l’action du pouvoir exécutif. Il a estimé que ces mécanismes demeurent nécessaires pour préserver les équilibres institutionnels.
La famille présentée comme un pilier de la citoyenneté
Au cours de son allocution, le Père Eric Aguénounon a élargi la réflexion à la question de la transmission des valeurs civiques. Il a présenté la famille comme la première institution de la société, chargée de former les citoyens aux principes de responsabilité, d’intégrité, de patriotisme et de respect du bien commun.
Il a toutefois relevé les difficultés auxquelles cette institution est confrontée, évoquant notamment les effets de la sécularisation et certaines mutations sociales. Pour lui, une approche associant le droit, l’histoire, la sociologie et la philosophie pourrait contribuer à renforcer la place de la famille dans l’éducation citoyenne.
Une nouvelle rencontre annoncée pour juillet
La session du 18 juin s’inscrit dans le programme régulier des Cercles de réflexion organisés par l’Iajp. À l’issue de la rencontre, le Père Eric Aguénounon a annoncé la tenue d’une nouvelle conférence le 23 juillet 2026. Cette prochaine séance sera animée par l’archevêque de Cotonou, Roger Houngbédji, autour du thème : « Alternance politique et État de droit en Afrique : un vrai enjeu de stabilité et de développement ». Elle devrait prsuivre les débats engagés sur les conditions de consolidation de la gouvernance démocratique sur le continent.

Lui-là existe encore???