Bénin : l'ONU salue les efforts d'accueil et de protection des réfugiés

Lors de la cérémonie officielle de la Journée mondiale des réfugiés organisée le samedi 20 juin 2026 à la Maison des jeunes de Natitingou, la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a salué l’engagement des autorités béninoises en faveur des réfugiés et des demandeurs d’asile. L’événement était placé sous la présidence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, en présence de Thomas Wyllie, Directeur adjoint régional du HCR pour l’Afrique de l’Ouest. Selon les données présentées, le Bénin accueille actuellement environ 29 000 réfugiés et demandeurs d’asile, auxquels s’ajoutent près de 14 000 personnes en attente de reconnaissance de leur statut.

Un continent sous pression migratoire record

L’Afrique concentre près de 37 % des personnes déplacées de force dans le monde, soit environ 45,9 millions d’individus. La guerre civile soudanaise — déclenchée en avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide — a contraint plus de 10 millions de personnes à fuir leur foyer, dont 4 millions qui ont cherché refuge dans les pays voisins, notamment le Tchad, l’Égypte et le Soudan du Sud. Le Burkina Faso, figure pour la deuxième année consécutive parmi les crises de déplacement selon le Conseil norvégien pour les réfugiés. C’est dans ce cadre régional que le Bénin s’est distingué par une politique d’accueil reconnue par les Nations Unies.

L’ONU reconnaît un engagement concret du gouvernement béninois

Prenant la parole au nom du Système des Nations Unies, Aminatou Sar a déclaré que les chiffres d’accueil enregistrés au Bénin « traduisent une pression réelle sur le pays, mais révèlent également l’engagement du gouvernement béninois et de son peuple à accueillir et offrir la protection aux réfugiés et demandeurs d’asile ». Elle a précisé que les agences onusiennes demeurent mobilisées aux côtés du gouvernement, intervenant quotidiennement sur l’accès à l’alimentation et aux soins, la scolarisation des enfants réfugiés et le soutien psychosocial.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a rappelé l’existence d’un dispositif juridique et institutionnel qui garantit aux réfugiés l’accès aux services sociaux de base, notamment la santé, l’éducation, l’emploi et la protection sociale. Il a également indiqué que la sécurité nationale et la protection des personnes réfugiées peuvent être conciliées, à condition de mettre en place des mécanismes efficaces d’identification, d’enregistrement et de contrôle. Par ailleurs, le gouvernement a réitéré son engagement à respecter le principe de non-refoulement, tel que prévu par la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ratifiée par le Bénin.

Une cérémonie marquée par la visibilité des réfugiés

Au-delà des prises de parole officielles, la journée a surtout donné une place centrale aux réfugiés eux-mêmes : des stands exposant leurs activités génératrices de revenus ont été visités par les officiels, et une opération de plantation d’arbres a clôturé la cérémonie. Le thème international retenu cette année, « Jusqu’à ce que tout le monde soit en sécurité », a servi de fil conducteur aux interventions, rappelant que la protection des réfugiés engage à la fois les États, les organisations internationales et les communautés d’accueil.

Pour le HCR, dont le bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest était représenté à Natitingou, la réinstallation dans des pays tiers reste l’un des outils de protection pour les profils les plus vulnérables — une procédure qui suit l’enregistrement individuel et l’évaluation du dossier, dont les délais varient selon les pays d’accueil.

Laisser un commentaire