Racisme anti-Mbappé : après le Paraguay, une crise inédite avec l'Argentine libertarienne

Deux affaires racistes en l’espace de quelques jours, autour d’un même match de Coupe du monde : après la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, condamnée jusqu’à la FIFA pour ses attaques contre Kylian Mbappé, une élue argentine est visée par une sanction diplomatique inédite de l’ambassade de France. La vice-gouverneure de la province de Mendoza, Hebe Casado, a été déclarée persona non grata après avoir qualifié l’équipe de France d’« équipe africaine flojo de modales » sur X.

Un commentaire publié après l’élimination du Paraguay

Le message de Casado est posté le 4 juillet, quelques minutes après la victoire des Bleus face au Paraguay en huitièmes de finale à Philadelphie. « Muy bien Paraguay. El equipo africano flojo de modales. No lo aguanto a Mbappé », écrit-elle, reprenant le même match qui avait déjà déclenché, la veille, les attaques racistes d’Amarilla contre le capitaine français. Le message se propage rapidement sur les réseaux sociaux argentins, où plusieurs utilisateurs dénoncent une référence raciste déguisée en commentaire sportif.

Casado occupe la vice-gouvernance de Mendoza depuis 2023 aux côtés du gouverneur Alfredo Cornejo. Membre du parti PRO, elle a récemment rejoint La Libertad Avanza, la formation du président argentin Javier Milei.

Une sanction diplomatique rare de l’ambassade

Face à la controverse grandissante, l’ambassade de France en Argentine annonce la déclaration de persona non grata à l’encontre de l’élue. La mesure lui interdit l’accès aux locaux diplomatiques français et sa participation à toute activité organisée par l’ambassade. Elle prévoit également qu’aucun représentant français ne participera à une réunion officielle avec le gouvernement de Mendoza si Casado y figure.

L’ambassadeur Romain Nadal justifie la décision sans détour : « Le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. Il n’y a pas de place pour le racisme dans la coopération franco-argentine. » Selon des sources diplomatiques citées par le quotidien argentin Clarín, la mesure n’entraîne aucune restriction sur les déplacements de Casado vers le territoire français, son champ d’application se limitant au cadre institutionnel et protocolaire.

L’élue rejette toute intention raciste

Casado refuse de retirer ses propos. Elle les présente comme relevant du folklore footballistique propre aux compétitions internationales, rejetant toute intention discriminatoire. Interrogée sur une radio locale, elle affirme ne pas voir la partie raciste du commentaire, estimant que ceux qui l’interprètent ainsi considèrent les Africains comme inférieurs.

Le principal conseiller de Milei aggrave par la suite la polémique en tenant à son tour des propos à caractère xénophobe sur les réseaux sociaux, amplifiant les critiques visant le gouvernement argentin. Mendoza entretient des liens économiques étroits avec la France, notamment dans la filière viticole, l’éducation et l’investissement, ce qui confère à l’incident une portée dépassant le seul registre sportif.

L’ambassade de France n’a pas précisé de délai ni de condition de levée de la mesure. Le parquet de Paris a par ailleurs ouvert une enquête distincte après la plainte déposée par la Fédération française de football contre Amarilla, dont l’issue pourrait fixer un précédent judiciaire pour les propos racistes tenus par des responsables politiques étrangers pendant la compétition.

4 réflexions au sujet de “Racisme anti-Mbappé : après le Paraguay, une crise inédite avec l'Argentine libertarienne”

  1. Ce n’est pas « racisme anti-Mbappé » c’est « racisme anti-noir ou africain ». Ce sont tous les gens de couleur qui sont visés par ce racisme décomplexé, banalisé et revendiqué en Argentine et dans une grande partie de l’Amérique du Sud.

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  2. Ce n’est pas « racisme anti-Mbappé » c’est « racisme anti-noir ou africain ». Ce sont tous les gens de couleur qui sont visés par ce racisme décomplexé, banalisé et revendiqué en Argentine et dans une grande partie de l’Amérique du Sud.

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  3. Ce n’est pas « racisme anti-Mbappé » c’est « racisme anti-noir ou africain ». Ce sont tous les gens de couleur qui sont visés par ce racisme décomplexé, banalisé et revendiqué en Argentine et dans une grande partie de l’Amérique du Sud.

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