CEDEAO : l'AES prépare sa feuille de route pour les futures négociations

La Confédération des États du Sahel (AES) tient ce mardi 23 juin à Ouagadougou un atelier réunissant experts, diplomates et représentants des trois pays membres. L’objectif est de définir un cadre stratégique commun destiné à encadrer ses futurs échanges avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Pendant trois jours, les participants examineront les principaux axes de coopération envisageables avec la CEDEAO et s’accorderont sur les priorités stratégiques à défendre lors des futures consultations. Ils aborderont notamment les questions liées à l’intégration régionale, à la libre circulation des personnes et des biens, à la coopération économique, à la sécurité régionale ainsi qu’aux mécanismes de concertation entre les deux espaces. À l’issue de la rencontre, la Confédération disposera d’un document de référence commun qui lui permettra de conduire les discussions avec la CEDEAO d’une seule voix lors des prochaines négociations.

Un dialogue relancé après dix-huit mois de rupture

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement quitté la CEDEAO en janvier 2025, après avoir formé la Confédération de l’AES en juillet 2024. Depuis ce retrait, les échanges entre les deux ensembles avaient été largement interrompus sur le plan institutionnel, même si des liens techniques ont subsisté : la CEDEAO a admis les trois pays comme membres non-régionaux du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest (GIABA) et a maintenu leur participation à la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).

En mars 2026, la CEDEAO a nommé l’ancien premier ministre guinéen Lansana Kouyaté négociateur en chef, chargé de maintenir un canal de dialogue avec Ouagadougou, Bamako et Niamey. Après des consultations avec les présidents ivoirien, sénégalais et ghanéen, Kouyaté s’est rendu au Burkina Faso pour rencontrer le capitaine Ibrahim Traoré. Les 17 et 18 avril 2026, à Lomé, les ministres des Affaires étrangères de l’AES et des représentants de la CEDEAO se sont réunis pour jeter les bases d’un cadre formel de coopération — une première depuis la rupture.

L’AES choisit la méthode avant les négociations

L’atelier de Ouagadougou répond à une logique de préparation : avant d’engager des négociations formelles avec la CEDEAO, la Confédération entend définir une position concertée entre ses membres. Le document-cadre attendu à l’issue des travaux fixera les lignes directrices communes sur l’ensemble des enjeux identifiés, du commerce intrarégional à la coordination sécuritaire dans la zone des trois frontières. Les conclusions des travaux de Ouagadougou pourraient alimenter directement les prochaines étapes du processus de dialogue entre les deux parties.

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