Israël : Trump presse Netanyahou de retirer ses troupes de Syrie et du Liban

Le président américain Donald Trump aurait demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d’entamer un retrait des forces de Tsahal du territoire syrien et de réduire la présence militaire israélienne au Liban, lors d’un appel téléphonique jeudi dernier. L’information, rapportée par le média américain Axios sur la base de propos de responsables américains et israéliens, n’a pas été démentie par la Maison Blanche.

Un avertissement direct sur les risques d’escalade

Selon un responsable américain cité par Axios, Trump aurait dit à Netanyahou que le maintien de troupes israéliennes en territoire syrien alimentait les tensions locales et risquait de provoquer une nouvelle escalade. Le président américain lui aurait tenu ces propos : « Ils ne veulent pas de vous là-bas. Vous devriez vous redéployer. » La même remarque aurait été formulée au sujet du Liban, selon la même source.

Le bureau de Netanyahou a confirmé la tenue de l’échange, précisant que le Premier ministre y avait pour sa part défendu la nécessité de maintenir des zones de sécurité le long des frontières israéliennes. La Maison Blanche a refusé de commenter directement le contenu de l’appel, tout en réaffirmant par la voix d’un responsable la solidité de la relation entre les deux dirigeants.

L’appel serait intervenu au lendemain d’une rencontre entre Trump et le président syrien de transition Ahmed al-Charaa, en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, le 8 juillet. Washington cherche depuis plusieurs mois à faire aboutir un nouvel accord sécuritaire entre Israël et Damas, avant de constater, selon des responsables américains, que Netanyahou ne semblait pas disposé aux concessions attendues.

Un dossier libanais engagé mais ralenti

Sur le volet libanais, la demande de Trump fait suite à un accord-cadre signé le 26 juin à Washington entre Israël et le Liban, à l’issue de plusieurs cycles de négociations. Ce texte prévoit le retrait des forces israéliennes de deux zones pilotes dans le sud du Liban, en échange d’une prise de contrôle sécuritaire par l’armée libanaise. Plus de deux semaines après la signature, Tsahal ne s’était toujours pas retirée de ces zones, un point qui ralentit les discussions entre Jérusalem et Beyrouth.

Un nouveau cycle de pourparlers s’est ouvert cette semaine à Rome entre médiateurs américains et délégations israélienne et libanaise, cette fois au niveau exclusivement diplomatique. Israël y est représenté par son ambassadeur à Washington, Yechiel Leiter, le Liban par son ambassadrice Nada Hamadeh Mouawad et le diplomate Simon Karam.

L’armée israélienne maintient par ailleurs une présence dans de larges portions du sud du Liban et du sud de la Syrie, présentée par le gouvernement israélien comme nécessaire pour prévenir la répétition d’une attaque du type de celle du 7 octobre 2023.

Un climat de friction persistante entre les deux dirigeants

Cette demande de retrait s’ajoute à une série de tensions publiques entre les deux dirigeants depuis le début de l’année. Début juin, Trump avait reconnu avoir tenu des propos très critiques envers Netanyahou lors d’un appel tendu portant sur les opérations israéliennes au Liban. Le vice-président américain JD Vance avait de son côté averti des responsables israéliens de ne pas s’aliéner ce qu’il a qualifié de dernier soutien puissant d’Israël dans le monde.

Interrogé sur ces frictions le 6 juillet sur Fox News, Netanyahou avait minimisé leur portée, affirmant être en accord avec Washington « sur pratiquement tout » et évoquant de simples désaccords réglés « dans le cadre d’un dialogue ouvert. » Des sources au sein de Tsahal ont indiqué au quotidien Jerusalem Post ne pas avoir eu connaissance de cet appel téléphonique et n’avoir constaté, à ce stade, aucun changement dans le dispositif militaire sur le terrain.

À trois mois d’élections législatives en Israël, un retrait significatif des zones occupées en Syrie ou un redéploiement supplémentaire au Liban représenterait un choix politiquement sensible pour Netanyahou. Les discussions engagées à Rome cette semaine devraient permettre de mesurer si la pression américaine se traduit par un calendrier concret de retrait des deux zones pilotes libanaises.

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