Trois femmes ont été interpellées à Yakassé-Attobrou, dans le département d’Agnibilékrou en Côte d’Ivoire lors d’une opération menée par la Brigade mondaine de la Préfecture de police d’Abidjan. L’intervention, réalisée dans le cadre de l’opération Épervier XI, s’est déroulée dans les villages d’Ablandi 1 et Ablandi 2. Les mis en cause sont soupçonnées d’être impliquées dans un réseau de traite de jeunes filles.
Selon la Direction générale de la police nationale (DGPN), les investigations ont conduit au démantèlement d’un système de recrutement reposant sur de fausses promesses d’insertion professionnelle. Les autorités indiquent que les suspectes auraient exigé entre 1 600 000 et 2 000 000 de francs CFA à chaque victime pour une prise en charge et une prétendue insertion.
Yakassé-Attobrou, situé dans l’est du pays, a été le théâtre de cette opération policière ayant également permis la prise en charge de quatre victimes, selon la DGPN. Les personnes interpellées ont été déférées au parquet pour la suite des procédures judiciaires.
Un réseau de recrutement basé sur des promesses d’emploi
Les éléments communiqués par la police nationale font état d’un mode opératoire centré sur le recrutement de jeunes femmes à travers des offres d’emploi présentées comme fiables. Une fois les victimes engagées, des montants importants leur auraient été réclamés pour finaliser leur insertion professionnelle supposée.
Les enquêteurs évoquent un mécanisme structuré autour de l’endettement initial des victimes, utilisé comme levier de contrainte. Les sommes exigées, supérieures au revenu moyen de nombreuses familles, auraient rendu difficile tout refus ou retrait des personnes ciblées. Les autorités judiciaires n’ont pas encore communiqué sur une éventuelle extension du réseau ni sur d’autres interpellations liées à cette affaire.
Traite des personnes : un phénomène récurrent dans plusieurs pays africains
Les faits signalés s’inscrivent dans une problématique plus large de traite des personnes observée dans plusieurs régions d’Afrique de l’Ouest. Le Protocole de Palerme des Nations unies, adopté en 2000, définit la traite comme le recrutement ou le transport de personnes par tromperie ou contrainte à des fins d’exploitation.
Dans plusieurs pays, les services de sécurité et organisations internationales rapportent la persistance de schémas similaires, souvent liés à des promesses d’emploi ou de migration régulière. Ces pratiques exploitent des contextes de vulnérabilité économique et des circuits de mobilité peu encadrés.
Le démantèlement de réseaux de ce type fait régulièrement l’objet d’opérations conjointes entre forces de sécurité et autorités judiciaires, avec la prise en charge des victimes et la poursuite des enquêtes.
Les personnes interpellées dans cette affaire restent présumées innocentes jusqu’à une décision de justice. Les investigations se poursuivent sous l’autorité du parquet compétent.
