Un nouveau cap est franchi dans les ambitions industrielles de la Tanzanie. À l’issue d’une rencontre tenue avec la présidente tanzanienne, Hassan, Aliko Dangote a obtenu le feu vert pour lancer des discussions techniques sur plusieurs projets d’investissement. La présidente Samia Suluhu Hassan a demandé aux ministères et agences concernés d’engager immédiatement des négociations avec les équipes du groupe nigérian afin de transformer ces propositions en projets concrets.
Cette initiative ouvre la voie à de futurs investissements dans la production d’engrais, l’énergie et les infrastructures de transport, trois secteurs considérés comme prioritaires par le gouvernement tanzanien pour accélérer son industrialisation.
La production d’engrais figure parmi les priorités
À l’issue de son entretien avec la cheffe de l’État, Aliko Dangote a affirmé avoir identifié plusieurs opportunités susceptibles de soutenir le développement économique du pays.
« Nous avons identifié des domaines susceptibles d’apporter une valeur ajoutée significative à la Tanzanie, et nous sommes prêts à travailler ensemble pour les développer dans un esprit de bénéfice mutuel », a déclaré l’homme d’affaires. Le projet lié aux engrais retient particulièrement l’attention.
Une augmentation de la production locale permettrait de réduire la dépendance aux importations et d’améliorer l’approvisionnement des agriculteurs, alors que l’agriculture demeure l’un des principaux moteurs de l’économie tanzanienne. Les échanges portent également sur le développement de projets énergétiques et d’infrastructures de transport, deux leviers jugés essentiels pour accompagner la croissance industrielle du pays.
Une économie qui attire de plus en plus les investisseurs
Si la Tanzanie cherche à attirer de grands groupes industriels, c’est parce qu’elle dispose de solides atouts économiques. Le pays possède d’importantes ressources naturelles, notamment de l’or, du gaz naturel, du graphite, du nickel, du charbon ainsi que la tanzanite, une pierre précieuse que l’on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs dans le monde.
Son agriculture reste l’un des piliers de son économie grâce à des productions comme le café, le thé, le coton, les noix de cajou ou encore le tabac. Le pays bénéficie également d’un secteur touristique majeur avec le Serengeti, le Kilimandjaro et l’archipel de Zanzibar, qui figurent parmi les destinations les plus prisées du continent. Sa position géographique constitue un autre avantage.
Le port de Dar es Salaam dessert plusieurs pays enclavés d’Afrique de l’Est, dont la Zambie, le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda et une partie de la République démocratique du Congo, faisant de la Tanzanie un carrefour commercial régional. Le gouvernement multiplie également les investissements dans les infrastructures, notamment les lignes ferroviaires à écartement standard (Standard Gauge Railway), les routes, les ports et les barrages hydroélectriques. Membre de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le pays offre en outre un accès privilégié à un vaste marché régional.
Des négociations désormais lancées
Le groupe Dangote mise depuis plusieurs années sur une stratégie consistant à transformer les ressources africaines sur le continent plutôt que d’exporter des matières premières. Cette approche a déjà permis au conglomérat de développer ses activités dans le ciment, les engrais, la pétrochimie et le raffinage dans plusieurs pays africains.
La décision prise par Samia Suluhu Hassan marque la première étape officielle de ce rapprochement. Les prochaines semaines seront consacrées aux discussions techniques entre les représentants de l’État et les équipes de Dangote afin d’évaluer la faisabilité des projets et d’aboutir, le cas échéant, à des investissements formels.
