Une clause relative à l’imposition de frais maritimes dans le détroit d’Ormuz aurait été insérée dans le mémorandum d’entente irano-américain dans les derniers instants des négociations, selon l’agence de presse Fars, proche des Gardiens de la révolution iraniens (CGRI). L’information, publiée lundi 15 juin, contredit directement les déclarations du président américain Donald Trump, qui a annoncé la réouverture du détroit « sans péage ».
Selon une source anonyme citée par Fars, le texte du mémorandum aurait été amendé en toute fin de négociation pour affirmer « clairement et explicitement » la souveraineté conjointe de l’Iran et d’Oman sur le détroit d’Ormuz, et leur rôle exclusif dans la gestion future des services maritimes qui y transitent. La gratuité du passage ne s’appliquerait que durant les 60 premiers jours couverts par l’accord-cadre. À l’issue de cette période, Téhéran envisagerait de facturer des services de navigation, de sécurité, d’assurance et de protection environnementale aux navires empruntant le détroit.
Une réouverture sous conditions iraniennes
Le mémorandum, dont le texte intégral n’a pas été rendu public, a été annoncé simultanément lundi matin par le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif — médiateur clé du conflit — et par Washington. Trump a salué sur Truth Social la conclusion d’un accord qu’il a qualifié de « complet », annonçant l’ouverture immédiate du détroit et la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens. Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé la « fin immédiate et définitive des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban », sans mention des frais maritimes. L’agence Tasnim, autre organe semi-officiel iranien, n’a pas repris les informations de Fars sur ce point. Téhéran n’avait formulé aucune déclaration officielle sur la question des péages au moment de la publication.
Une signature prévue le 19 juin à Genève
La controverse survient à quatre jours d’une cérémonie de signature prévue le 19 juin à Genève, qui doit formaliser le mémorandum et ouvrir une phase diplomatique de 60 jours. Cette période est destinée à trancher les dossiers les plus sensibles : l’avenir du programme nucléaire iranien, le traitement des stocks d’uranium hautement enrichi et la levée progressive des sanctions américaines. Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent en temps normal environ 20 % des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié, doit être déminé avant sa réouverture effective, prévue dès vendredi selon Trump.
