Le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, a assuré mardi 23 juin devant la Haute Cour de Milimani, à Nairobi, avoir ordonné l’arrêt des préparatifs d’un centre de quarantaine Ebola soutenu par les États-Unis. Cette déclaration intervient après sa condamnation pour outrage à la justice pour non-respect présumé d’une décision judiciaire suspendant le projet.
Le dossier place le gouvernement kényan dans une position délicate face à une initiative soutenue par Washington. Le centre devait être aménagé sur la base aérienne de Laikipia, dans le centre du pays, afin d’accueillir d’éventuels ressortissants américains exposés au virus Ebola.
La veille de son audition, Aden Duale a été reconnu coupable d’outrage à la cour par la Haute Cour de Milimani. La juridiction lui reproche d’avoir laissé se poursuivre des activités liées au projet alors qu’une ordonnance de suspension avait déjà été rendue.
La justice conteste le maintien des préparatifs
Face au tribunal, le ministre a soutenu que les autorités avaient respecté les décisions de justice. Il a affirmé avoir donné instruction de stopper toute activité liée au site de Laikipia jusqu’à ce que la procédure judiciaire soit tranchée.
Selon sa défense, le partenariat conclu avec les États-Unis pour cette infrastructure avait déjà été mis en pause. Aden Duale a également insisté sur le fait que le futur centre se trouvait à l’intérieur d’une installation militaire, éloignée des zones habitées.
L’affaire a toutefois pris une ampleur nationale après plusieurs recours déposés par des organisations de la société civile et des professionnels de santé, qui dénoncent un manque de transparence autour du projet.
Un projet américain vivement contesté
Les autorités américaines envisagent la création de cette structure pour prendre en charge à l’étranger des citoyens américains potentiellement exposés à Ebola. L’administration du président Donald Trump cherche ainsi à limiter le risque d’introduction de cas sur le territoire américain en privilégiant, lorsque cela est possible, une prise en charge hors des États-Unis.
Au Kenya, cette stratégie a suscité des critiques. Les opposants au projet ont notamment demandé davantage d’informations sur les conditions d’accueil des patients, les protocoles sanitaires envisagés et les garanties de sécurité pour les populations locales.
La controverse a conduit la justice kényane à intervenir dès la fin du mois de mai. La Haute Cour avait alors ordonné la suspension du projet dans l’attente d’un examen approfondi des recours déposés contre sa mise en œuvre.



