Entre Trump et Lula, la crise diplomatique franchit un nouveau palier

Après les sanctions visant des juges de la Cour suprême et une surtaxe de 50 % sur les produits brésiliens, Washington s’en prend désormais à la représentation diplomatique du Brésil elle-même. L’administration Trump a annoncé mardi la révocation du visa diplomatique de Maria Luiza Ribeiro Viotti, ambassadrice du Brésil aux États-Unis en poste depuis juin 2023. Un responsable du Département d’État a précisé que la mesure ne valait pas déclaration de persona non grata et n’entraînait pas son expulsion du territoire américain.

Une mesure présentée comme une réciprocité

Washington justifie sa décision par le refus de Brasilia d’accorder des visas à deux diplomates américains venus préparer les élections d’octobre, ainsi que par le blocage brésilien sur la nomination de Daniel Perez. Cet ancien président de la Chambre des représentants de Floride, désigné en juin par Trump pour représenter les intérêts américains à Brasilia, verrait son dossier gelé par le gouvernement brésilien jusqu’après le premier tour de la présidentielle. Selon les autorités américaines, la révocation serait levée dès que le Brésil délivrerait son agrément à Perez.

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Sanctions en vigueur et accusation d’ingérence

Plusieurs responsables brésiliens font déjà l’objet de sanctions individuelles américaines, dont des juges de la Cour suprême et de hauts fonctionnaires de l’exécutif, en lien avec le procès pour tentative de coup d’État visant l’ex-président Jair Bolsonaro. C’est dans ce cadre que le gouvernement de Lula a réagi à la révocation du visa de Viotti, qualifiant de fausses les justifications avancées par Washington et dénonçant un intérêt indu à interférer dans la prochaine élection présidentielle. L’exécutif brésilien a rappelé que la procédure d’agrément diplomatique est censée rester confidentielle jusqu’à l’accord du pays d’accueil, et a averti que cette décision n’était pas un fait isolé.

Un différend qui s’étend sur plusieurs fronts

Les tensions bilatérales se sont accumulées ces derniers mois. Washington avait déjà restreint les visas du juge Alexandre de Moraes et d’autres magistrats de la Cour suprême, en réaction aux poursuites engagées contre Bolsonaro. Trump a qualifié ce procès de chasse aux sorcières et a annoncé une surtaxe douanière de 50 % sur les produits brésiliens, entrée en vigueur le 1ᵉʳ août. Le différend remonte en partie au sommet des BRICS organisé à Rio de Janeiro, où le président américain avait qualifié le groupe d’anti-américain et menacé d’imposer des tarifs supplémentaires. Lula avait alors répondu : « Le monde a changé. Nous ne voulons pas d’empereur. »

Selon Brasilia, Lula avait personnellement demandé la levée des sanctions individuelles lors de sa visite à Washington en mai dernier. Le président brésilien continue toutefois d’épargner Trump dans ses critiques directes, désignant plutôt le secrétaire d’État Marco Rubio comme l’artisan de certaines mesures prises contre son pays. Cette nouvelle escalade intervient à deux mois d’une élection présidentielle où Lula brigue un quatrième mandat non consécutif, face à Flavio Bolsonaro, fils de l’ex-président aujourd’hui condamné à 27 ans de prison.

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