Des militaires du régiment de cyberdéfense, basé à Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes, se rendent régulièrement en Ukraine pour observer de près les techniques d’attaque informatique employées par les services russes. Cette information est rapportée le 24 juin 2026 par Intelligence Online, publication spécialisée dans le renseignement et les questions stratégiques.
Une coopération technique avec les services ukrainiens
Selon Intelligence Online, ces déplacements prennent la forme de rotations mensuelles. Les équipes françaises spécialisées en lutte informatique défensive travaillent sur place avec le CERT-UA, l’organisme ukrainien chargé de répondre aux incidents informatiques, ainsi qu’avec le centre de coordination en cybersécurité rattaché au SBU, le service de sécurité ukrainien. Leur mission consiste à examiner des programmes malveillants récupérés sur le terrain numérique du conflit, dans le but d’en tirer des enseignements applicables à la protection des réseaux militaires français.
CERT-UA n’est pas une structure improvisée : créé en 2007, l’organisme est accrédité depuis 2009 par le Forum of Information Security Incident Response Teams, un réseau international regroupant les équipes de réponse aux incidents de sécurité informatique. Il a déjà été associé à plusieurs opérations de grande ampleur contre des cyberattaques visant les infrastructures ukrainiennes, notamment celles attribuées au groupe Sandworm, lié au renseignement militaire russe.
Un régiment encore jeune, en pleine montée en puissance
Le régiment de cyberdéfense a été créé le 1ᵉʳ janvier 2025, à partir de la 807ᵉ compagnie de transmissions et du bureau cyber de la brigade d’appui numérique et cyber. Il a reçu son drapeau le 6 janvier 2026, lors d’une cérémonie organisée aux Invalides, à Paris. Cette unité doit progressivement monter en puissance pour atteindre 400 militaires d’ici 2030, issus des trois armées.
Dans une interview accordée à INCYBER News, le chef de corps du régiment, le lieutenant-colonel Jean-François Caverne, a expliqué que son unité travaille à intégrer des outils technologiques récents, dont l’intelligence artificielle, pour garder l’avantage face aux attaques adverses. « Nos moyens permettent de déployer en un temps très court des capacités complètes d’analyse, de détection, de surveillance et de réponse aux incidents sur un théâtre d’opérations », a-t-il précisé.
Des tensions naissantes autour de cette présence
Intelligence Online indique que cette coopération technique avec les services ukrainiens susciterait désormais des réserves du côté de Kiev. La publication ne détaille pas la nature exacte de ces réticences, qui resteraient à ce stade non confirmées par d’autres sources.
Cette présence française accompagne un mouvement plus large de soutien occidental aux capacités numériques ukrainiennes. Intelligence Online mentionne par exemple le déploiement à venir d’une équipe de la société française Mistral AI à Kiev, en lien avec le centre ukrainien chargé de l’innovation en matière de technologies de défense.
Ni le ministère des Armées ni l’état-major de l’armée de Terre n’ont pour l’heure communiqué publiquement sur ces rotations en Ukraine. La fréquence mensuelle annoncée par Intelligence Online devrait, si elle se confirme, se poursuivre dans la durée, à mesure que le régiment de cyberdéfense achève sa montée en puissance prévue jusqu’en 2030.


