Une créatrice de contenu, identifiée comme Wasilat Olalere, a été soumise à un rite de purification traditionnelle dans la ville d’Ibadan, au Nigeria, après avoir enregistré des images liées au festival annuel du masque sacré Oloolu, célébré fin juillet. Les images de la cérémonie, montrant la jeune femme crâne rasé et vêtue de rouge, ont largement circulé sur les réseaux sociaux avant qu’elle ne revienne publiquement sur les faits.
Une vidéo à l’origine de la controverse
Selon le secrétaire du culte Oloolu, Oluwo Ishola Akeem, Olalere aurait tenté de filmer le masque l’année précédente sans succès, avant de revenir cette année déguisée en homme pour capter l’entourage de la divinité lors de son passage. La vidéo, légendée « Ceci est Oloolu dans le secteur de Sokoto », a été publiée sur TikTok puis massivement critiquée, poussant les gardiens du culte à intervenir directement auprès d’elle.
La jeune femme aurait ensuite développé des troubles de santé qu’elle a associés à cet enregistrement, selon les propos du responsable du culte. Sa famille se serait alors tournée vers les autorités traditionnelles du compound Oloolu, réputé pour ses interdits stricts concernant l’image du masque sacré et l’interdiction faite aux femmes d’y assister. C’est dans ce cadre que la cérémonie de purification, incluant des offrandes rituelles et un passage devant le sanctuaire d’Ogun, aurait été organisée.
Un démenti qui contredit la version des gardiens du culte
Contrairement au récit porté par le compound, Olalere a rejeté les accusations lors d’une intervention radiophonique sur Lagelu FM. « Je n’ai pas filmé le masque Oloolu », a-t-elle affirmé, précisant avoir uniquement enregistré un véhicule de patrouille et une foule de passants, sans que le cortège sacré n’emprunte cette rue. Elle a par ailleurs démenti les rumeurs relayées en ligne annonçant son décès.
Le porte-parole de l’Olubadan d’Ibadanland, Chief Adeola Oloko, a apporté une nuance supplémentaire en indiquant que la femme n’aurait pas capté le masque Oloolu lui-même, mais une autre figure du culte, Alawo Oloolu, confondue avec la divinité principale. La police de l’État d’Oyo a de son côté indiqué n’avoir reçu aucun signalement officiel concernant cette affaire.
Une polémique dépassant le cadre local
L’incident a suscité une réaction politique nationale. Le candidat à la présidentielle Omoyele Sowore a dénoncé un traitement jugé attentatoire à la dignité humaine, estimant que les pratiques discriminatoires fondées sur le genre devraient être abandonnées, quelle que soit leur origine culturelle ou religieuse.
Le festival Oloolu, célébré chaque année par les descendants de la lignée Oloolu, rassemble traditionnellement chefs coutumiers, fidèles et visiteurs venus de l’ensemble du pays yoruba. Il comprend prières, sacrifices et processions destinés à honorer les ancêtres et à assurer la protection de la communauté. La famille du culte a confirmé qu’Olalere, désormais rentrée chez elle, avait présenté ses excuses et achevé les rites exigés.



