G7 : Poutine envoie un message avec ses frappes massives, Zelensky attend une réponse

Dans la nuit du 14 au 15 juin 2026, la Russie a lancé une attaque combinant missiles balistiques et drones sur plusieurs grandes villes ukrainiennes, faisant au moins 11 morts. L’offensive a coïncidé avec l’ouverture du sommet du G7 à Évian, en France, auquel le président ukrainien Volodymyr Zelensky participe.

À Kiev, la cathédrale de la Dormition, édifice orthodoxe du XIe siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et appartenant au complexe monastique de la Laure des Grottes, a été touchée par ce que le chef de l’administration militaire de la capitale, Tymur Tkatchenko, a qualifié de frappe directe. Un incendie a ravagé une partie du toit. Plus de douze camions de pompiers ont été mobilisés sur place. Au moins 23 personnes ont été blessées dans la capitale, et 140 000 habitants des quartiers nord ont été privés d’électricité.

Kharkiv, Dnipro, Soumy également visées

Les frappes ont simultanément touché plusieurs autres villes. À Kharkiv, cinq secouristes du Service national des situations d’urgence ont été tués lors des opérations de lutte contre l’incendie consécutives aux bombardements, selon le ministre ukrainien de l’Intérieur, Igor Klymenko. Le musée des Beaux-Arts de la ville a été endommagé. Un blessé a été signalé à Dnipro, trois autres dans la région de Soumy, dont un enfant. La même nuit, un drone ukrainien a frappé la ville russe de Toula, à 200 kilomètres au sud de Moscou, tuant trois personnes selon le gouverneur régional Dmitri Miliayev.

Moscou a rejeté toute responsabilité dans les dégâts subis par la cathédrale, affirmant que l’édifice aurait été atteint par un missile de la défense antiaérienne ukrainienne. Kiev conteste cette version : Zelensky a affirmé que deux drones russes avaient délibérément ciblé le secteur de la Laure et du musée Mystetskyï Arsenal adjacent.

Zelensky met le G7 en demeure

Le calendrier de l’attaque ne relève vraisemblablement pas du hasard. Les frappes interviennent au moment précis où les dirigeants des principales puissances occidentales se réunissent à Évian — et alors que l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran ouvre une perspective de sortie de crise au Moyen-Orient. Face à cette redistribution de l’attention diplomatique internationale, Moscou semblerait vouloir rappeler qu’il conserve une puissance de feu intacte et qu’aucune désescalade ne s’impose à lui sur le front ukrainien, quelles que soient les dynamiques en cours ailleurs.

Zelensky a traduit cette lecture en interpellant directement les membres du G7, leur réclamant « davantage de pression sur l’agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l’Ukraine, en particulier aux capacités antibalistiques ».

Le sommet d’Évian se poursuit jusqu’au 17 juin. La question du renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne figure parmi les points à l’ordre du jour des discussions entre les chefs d’État et de gouvernement du groupe.

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