Kim Jong Un justifie l'expansion nucléaire par la menace des « ennemis féroces »

La Corée du Nord a dévoilé jeudi 4 juin une nouvelle installation de production de combustibles nucléaires militaires. Le dirigeant Kim Jong Un en a profité pour justifier cette expansion par les tensions avec ce qu’il désigne comme « les ennemis les plus féroces ».

Selon l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA), organe officiel de Pyongyang, Kim Jong Un a affirmé que l’urgence de renforcer la dissuasion nucléaire du pays — tant en qualité qu’en quantité — s’était accrue en raison des tensions, dans une formulation qui renvoie habituellement aux États-Unis et à la Corée du Sud. D’autres menaces et crises non précisées ont également été citées. Le dirigeant et plusieurs hauts responsables ont fixé lors de cette visite « l’ordre de priorité pour la mise en œuvre du futur plan ambitieux » destiné à renforcer les forces nucléaires à un rythme qu’il qualifie d’exponentiel.

Un arsenal en expansion rapide depuis cinq ans

Kim Jong Un a déclaré, toujours selon la KCNA, que la production de matières nucléaires à usage militaire avait plus que doublé par rapport à il y a cinq ans. L’agence officielle a indiqué que la nouvelle installation recourt à « une technologie plus sophistiquée », sans en préciser ni la localisation ni la date de mise en service.

Ce bilan traduit le prolongement du plan quinquennal d’armement lancé en 2021, dont le suivi établi par la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS) documente des avancées notables : développement d’une tête nucléaire tactique miniaturisée baptisée Hwasan-31, poursuite des travaux sur le site d’essais de Punggye-ri et rénovation des cascades d’enrichissement d’uranium de Yongbyon. Selon le Service de recherche du Congrès américain, Pyongyang disposerait actuellement d’environ 50 ogives nucléaires déployables, avec des matières fissiles suffisantes pour en assembler jusqu’à 90.

Des sanctions internationales au bord de l’impuissance

Retirée du Traité sur la non-prolifération nucléaire depuis 1993, la Corée du Nord a conduit six essais nucléaires et des dizaines de tirs de missiles balistiques, dont plusieurs auraient la portée nécessaire pour atteindre le territoire américain selon des experts cités par des agences de presse internationales. Ces activités font l’objet de sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies, dont l’efficacité reste limitée depuis que la Russie et la Chine ont opposé leur veto à de nouvelles résolutions en 2022.

Pyongyang avait déclaré cette même année que son statut de puissance nucléaire était « irréversible ». Les autorités nord-coréennes n’ont communiqué ni échéance ni objectif chiffré quant au rythme d’expansion de l’arsenal nucléaire annoncé lors de la visite du 4 juin.

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