La Chine dévoile le Lijian III, un laser anti-drone porté par un seul soldat

Le constructeur de défense chinois Harbin Xinguang Optic-Electronics Technology a présenté un système laser portable destiné à neutraliser des drones, lors du Salon national chinois de l’équipement et de la technologie de l’information de la défense (CNTE) 2026, qui s’est tenu à Pékin du 16 au 18 juin. Baptisé Lijian III, l’appareil pèse 25 kilogrammes et peut être transporté et déployé par un seul militaire sur le terrain.

Un équipement divisé en trois éléments transportables

Le Lijian III se décompose en trois éléments rangés dans un même sac : un émetteur laser, un système de refroidissement par air et un terminal de commande portatif. Selon un porte-parole de l’entreprise cité par le South China Morning Post, l’émetteur pèse 15 kilogrammes et le module de refroidissement 10 kilogrammes. Le constructeur propose également une version légèrement plus lourde, le Lijian II, qui atteint 30 kilogrammes.

L’appareil fonctionnerait avec une puissance d’environ 2 kilowatts, un niveau de consommation que le fabricant n’a pas davantage détaillé quant à son alimentation sur le terrain. Cette puissance reste nettement inférieure à celle de certains systèmes laser anti-drones développés ailleurs, comme le système américain LOCUST monté sur véhicule (20 kW) ou le laser israélien Iron Beam (100 kW), entré en service à la fin de l’année dernière.

À cette puissance, le Lijian III pourrait neutraliser un drone à une distance maximale de 500 mètres, contre 1 200 mètres pour les modèles fixes ou montés sur véhicule de la même gamme, comme le Lijian-10G. Ce principe reste identique à celui des autres armes à énergie dirigée : un faisceau concentré sur l’appareil ciblé permet de faire fondre des câbles, d’endommager les capteurs optiques ou de provoquer une surchauffe des batteries.

Un ciblage assisté par intelligence artificielle

D’après les informations diffusées lors de l’exposition, le système recourrait à l’intelligence artificielle pour identifier et suivre les drones détectés par des capteurs externes, notamment radar. Cette automatisation viserait à réduire la charge opérationnelle pesant sur le soldat chargé de manier l’arme. Harbin Xinguang affirme par ailleurs que certains de ses systèmes laser équiperaient déjà des installations militaires chinoises, dont des bases aériennes, sans préciser lesquelles ni à quelle échelle.

Le Lijian III serait capable de détruire un drone en quatre secondes, avant un temps de refroidissement inférieur à cinq secondes nécessaire avant un nouveau tir. Aucune de ces caractéristiques n’a toutefois été vérifiée de manière indépendante : les données communiquées proviennent exclusivement des documents d’exposition et des déclarations d’un représentant commercial de l’entreprise.

Le prix annoncé pour chacune des deux versions portables avoisinerait les 2 millions de yuans, soit environ 295 000 dollars. Ce coût reste largement inférieur, à l’usage, à celui des munitions classiques utilisées pour intercepter des drones, puisque l’arme laser ne consomme que de l’électricité par tir.

Une course mondiale aux armes à énergie dirigée

Le salon CNTE 2026, présenté comme l’unique exposition chinoise consacrée à l’informatisation de la défense, a réuni sur trois jours près de 1 000 entreprises et instituts de recherche du secteur, sur une surface de 50 000 mètres carrés. La présentation du Lijian III s’ajoute à une série d’annonces similaires dans plusieurs pays : l’Arabie saoudite testerait actuellement un autre laser chinois plus puissant, le Silent Hunter, tandis que les États-Unis ont récemment fait la démonstration de leurs propres systèmes laser compacts anti-drones. Reste à déterminer si ces armes portables resteront efficaces face à des essaims de drones rapides et coordonnés, un scénario que les fabricants n’ont pas encore démontré publiquement.

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