Le Ghana étudierait la possibilité de transférer le contrôle de la mine d’or de Tarkwa à des entreprises locales, selon des informations rapportées par Bloomberg. Le site, l’un des plus importants gisements aurifères à ciel ouvert d’Afrique de l’Ouest, est actuellement exploité par le géant sud-africain Gold Fields.
Un bail qui arrive à expiration
Le bail minier actuel de Gold Fields sur Tarkwa doit expirer en avril 2027. Selon des sources proches du dossier citées par Bloomberg, les autorités ghanéennes envisageraient d’organiser un appel d’offres réservé aux entreprises locales si elles décidaient de ne pas renouveler la concession. Les discussions resteraient toutefois préliminaires, et le gouvernement étudierait également l’option d’une prolongation du bail avec Gold Fields.
Tarkwa a produit environ 475 000 onces d’or l’an dernier, soit près d’un cinquième de la production totale de Gold Fields. Une perte de cet actif constituerait un coup dur pour le groupe sud-africain, qui a « soumis une demande anticipée de renouvellement du bail minier de Tarkwa » et qualifié ses échanges avec les autorités ghanéennes de « constructifs ».
Un précédent avec la mine de Damang
Cette démarche relève d’une stratégie de Mahama visant à renforcer le contrôle national sur les ressources aurifères du pays. Plus tôt dans l’année, Gold Fields avait déjà transféré à l’État ghanéen sa mine de Damang, à l’expiration de son bail. Un appel d’offres avait alors été organisé, remporté par Engineers and Planners Co., une entreprise appartenant au frère du président Mahama. Le Ghana, premier producteur d’or d’Afrique, a par ailleurs relevé ses redevances sur le bullion, les faisant passer de 5 % à un maximum de 12 %, dans un cadre de prix de l’or proches de records historiques.
Une pression politique sur fond de tensions régionales
Le gouvernement de Mahama ferait face à une pression croissante pour agir face aux entreprises sud-africaines, dans une situation de manifestations xénophobes en Afrique du Sud. Plus de 2 700 personnes originaires du Ghana, du Nigeria, du Mozambique et du Malawi auraient été rapatriées depuis l’Afrique du Sud, selon les craintes d’une escalade des tensions anti-immigrés.
Si le projet de transfert se concrétise, les autorités ghanéennes examineraient les candidatures en tenant compte d’engagements liés à la réhabilitation environnementale, à l’emploi local et au développement des infrastructures dans les communautés voisines de la mine.