Xénophobie en Afrique du Sud : le Ghana brandit la menace judiciaire pour ses expatriés spoliés

En avril 2026, le mouvement sud-africain March and March a organisé des manifestations anti-immigrés dans les principales villes du pays, dégénérant rapidement en attaques violentes contre des commerces tenus par des ressortissants étrangers. Cette vague, l’une des plus organisées enregistrées depuis plusieurs années, a poussé le Ghana à rapatrier en urgence ses citoyens et à hausser le ton diplomatique face à Pretoria.

Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a annoncé le 6 juin 2026 à l’aéroport international d’Accra que le gouvernement ghanéen prépare un recours juridique devant des tribunaux internationaux pour obtenir réparation au profit des ressortissants ayant perdu leurs biens en Afrique du Sud. La déclaration a été faite lors de l’accueil de la deuxième vague de 345 évacués ghanéens rapatriés d’urgence.

Un recensement des pertes engagé sur le tarmac

Dès l’atterrissage du vol, des agents de l’organisme national de gestion des catastrophes (NADMO) et du service d’immigration ghanéen ont commencé à recueillir les déclarations de chaque évacué : boutiques détruites, entrepôts pillés, biens immobiliers abandonnés. Ces éléments doivent constituer la base du dossier juridique que le gouvernement entend soumettre à une juridiction internationale compétente.

« Nous ne pouvons pas simplement nous concentrer sur l’évacuation. Ceux qui ont perdu leurs propriétés, leurs investissements et leurs moyens de subsistance méritent justice et réparation », a déclaré Ablakwa.

Le Ghana a formellement notifié ses exigences aux autorités sud-africaines. Pretoria a reconnu avoir reçu ces demandes : le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a eu des échanges directs avec son homologue ghanéen et réaffirmé l’engagement de son gouvernement à protéger les droits des ressortissants étrangers sur son sol.

Une pression diplomatique qui dépasse le cadre bilatéral

Le Ghana a également sollicité l’inscription d’un débat sur les attaques xénophobes à l’ordre du jour du sommet de mi-année de l’Union africaine, prévu le 24 juin 2026 au Caire. Pretoria a confirmé avoir pris note de cette demande, sans indiquer si elle y donnera suite.

Human Rights Watch a documenté les faits : des groupes de vigilantes ont bloqué l’accès des immigrés aux services de santé et détruit des commerces, en dépit des protections constitutionnelles en vigueur. Le Nigeria a également saisi le gouvernement sud-africain après la mort de deux de ses ressortissants dans les violences. Un troisième vol d’évacuation transportant plus de 300 passagers supplémentaires devait atterrir à Accra dans la journée du 7 juin 2026.

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